Publié le 21 novembre 2018

ÉNERGIE

PPE : Le gouvernement favorable à la fermeture de 12 réacteurs nucléaires d’ici 2035

François de Rugy a confirmé mercredi 21 novembre que le gouvernement planchait sur trois scénarios pour la place du nucléaire dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui devrait être dévoilée à la fin du mois.

Centrale nucleaire de Fessenheim Violettta Kuhn DPA
Seule la fermeture de la centrale de Fessenheim est aujourd'hui assurée pour 2020.
@ViolettaKuhn/DPA

Les détails de la PPE seront présentés par Emmanuel Macron "très probablement" le 27 novembre, a ajouté le ministre de la Transition écologique et solidaire. "Je confirme qu'il y a trois scénarios sur la table", a déclaré François de Rugy sur l'antenne de France Inter mercredi matin.

"Je vous confirme que nous continuons à y travailler, que nous sommes vraiment aux derniers arbitrages et que tout cela devrait être présenté la semaine prochaine", a t-il ajouté, sans donner davantage de détails sur le contenu des différents scénarios.

L'AFP avait révélé mardi le contenu d'un document préparatoire qui rassemble les trois scénarios sur lesquels planche l'exécutif pour la future PPE. Le premier, soutenu par le ministère de la Transition écologique, prévoit six fermetures de réacteurs (outre les deux de Fessenheim) d'ici à 2028, et six de plus d'ici à 2035, sur les 58 du parc nucléaire français actuel d'EDF.

Des alternatives plus tardives

Le deuxième, dit "intermédiaire", ne prévoit aucune fermeture supplémentaire d'ici à la fin de la PPE en 2028, et 12 entre 2028 et 2035. Enfin le troisième, poussé par Bercy, ne prévoit aucune fermeture d'ici à 2028, neuf entre 2028 et 2035, et la construction de quatre réacteurs de nouvelle génération EPR d'ici à 2040.

L'objectif de 50 % d'électricité nucléaire est atteint en 2035 dans les deux premiers, mais attend 2040 dans celui de Bercy. Cet objectif "ne repose sur aucune considération objective", a fait valoir mercredi FO Energie et Mines, pour qui le nucléaire "reste une énergie d'avenir".

"Du point de vue économique, social et environnemental, la fermeture pour des raisons politiques d'une centrale nucléaire, à quelque moment qu'elle intervienne, serait une absurdité et un gâchis pour notre pays", ajoute le syndicat dans un communiqué.

Le gouvernement travaille à ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % d'ici à 2035, avait déclaré dimanche François de Rugy, un recul par rapport à l'objectif du candidat Macron qui était de réduire la part du nucléaire à 50 % d'ici à 2025. Nicolas Hulot, le prédécesseur de François de Rugy qui a démissionné fin août, avait déjà abandonné cet objectif, jugé irréaliste, sans fixer de nouvelle date précise.

La Rédaction avec AFP


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