Publié le 14 juin 2019

ÉNERGIE

Pour l’Agence internationale de l’énergie, le déclin du nucléaire est un obstacle à la lutte contre le changement climatique

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a plaidé mardi 28 mai pour des mesures de soutien à l'énergie nucléaire, s'inquiétant des conséquences de son déclin sur les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui l’atome compte pour 10 % du mix électrique planétaire, mais sa part est en recul.

Le monde compte 450 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 55 en construction.
@urcisxtime

Le nucléaire "pourrait être bientôt sur le déclin à travers le monde", avec notamment la fermeture de centrales vieillissantes, s'inquiète Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence basée à Paris, dans un rapport consacré au sujet. "Si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques actuelles, les économies avancées seront en chemin pour perdre les deux tiers de leur flotte nucléaire, risquant une énorme augmentation des émissions de CO2", met-il en garde.

Le nucléaire représente aujourd'hui 10 % de la fourniture d'électricité à travers le monde, mais sa part est en baisse avec le vieillissement du parc et le faible nombre de projets de construction de nouveaux réacteurs. Or pour lutter contre le changement climatique il faudra de plus en plus utiliser d'électricité n'émettant pas ou peu de CO2, comme les renouvelables et le nucléaire, souligne l'AIE, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique.

Étendre la durée de vie

Selon elle, il serait toutefois possible de réaliser la transition énergétique avec moins de nucléaire mais cela nécessiterait un "effort extraordinaire" et coûterait beaucoup plus cher. "Sans investissements dans le nucléaire, il serait beaucoup plus difficile d'atteindre un système énergétique durable", résume l'AIE dans son rapport.

Elle formule ainsi une série de recommandations pour les pays qui continuent d'utiliser le nucléaire, tout en disant "respecter" le choix de ceux qui sortent de l'atome, comme l'Allemagne. L'AIE prône ainsi une extension de la vie des centrales aussi longue que le permet la sûreté, qu'elles soient rémunérées pour leurs avantages en termes de sécurité énergétique et d'environnement, la création d'un cadre financier attractif ou encore le soutien à la construction de nouveaux réacteurs avec un processus réglementaire qui limite les retards et surcoûts.

La rédaction avec AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ÉNERGIE

Energie nucléaire

L’énergie nucléaire fait l’objet de nouveaux débats. Quelle place lui donner dans une perspective de transition énergétique ? A quel coût et avec quels moyens assurer les conditions de sûreté nécessaire? Comment prévenir les risques qui y sont associés ? Les accidents nucléaires de Tchernobyl et Fukushima ont–ils changé la donne ?

Akademic lemonosov 2 rosatom

La Russie lance sa première centrale nucléaire flottante pour exploiter le pétrole de l’Arctique

La volonté de nombreux pays, dont la Russie, de profiter de la fonte des glaces du Grand Nord pour exploiter les gigantesques réserves pétrolières qui s’y trouvent n’est pas une surprise. Mais l’utilisation de centrales nucléaires pour alimenter des sites industriels isolés est une autre paire de...

[Science] Le nuage radioactif qui a survolé la France en 2017 venait bien de Russie

Fin septembre 2017, un nuage radioactif a survolé une large partie de l’Europe. Les autorités nucléaires françaises ont alors soupçonné un accident dans un centre de traitement de déchets en Russie, ce que Moscou a démenti. Deux ans plus tard, une étude internationale confirme l’implication du...

EPR de Flamanville 2019 EDF

Nucléaire : la mise en service de l'EPR de Flamanville encore retardée d'au moins trois ans

La mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche) sera encore retardée d'au moins trois ans à la suite des problèmes de soudures, a admis vendredi 26 juillet EDF, qui prendra plusieurs mois pour préciser le nouveau calendrier et les coûts du chantier. Si cette nouvelle était attendue, ce nouveau...

[Décryptage] Pourquoi la chute du réacteur nucléaire EPR ne devrait réjouir personne

Le nouveau retard de l’EPR, qui ne devra pas démarrer avant 2022 au mieux, est un terrible coup de boutoir pour EDF et pour tout le programme de nouveau nucléaire en France. Mais c’est aussi une très mauvaise nouvelle pour la politique climatique française. Car sans la puissance de l’EPR et alors...