Publié le 13 septembre 2019

ÉNERGIE

Au Japon, le nouveau ministre de l'Environnement veut se "débarrasser" du nucléaire

Le Japon ne survivrait pas à un nouvel accident nucléaire. Tel est le sentiment du nouveau ministre de l’Environnement qui veut faire sortir son pays de l’atome. S’il devait avoir lieu, ce sera cependant un processus à long terme puisque le gouvernement mise sur la relance de son parc de réacteurs pour tenir ses engagements climatiques.

Visite AIEA demantelement Fukushima Tepco
Visite de l'Agence Internationale de l'énergie atomique sur le site de démantèlement de la centrale de Fukushima en novembre 2018.
@Tepco

Le tout nouveau ministre japonais de l'Environnement a dit vouloir "débarrasser" le pays de ses centrales nucléaires, mettant en garde contre le risque d'un nouvel accident du type de celui de Fukushima en raison du risque sismique très élevé au Japon. Ces propos sont les premiers tenus sur ce sujet délicat par Shinjiro Koizumi, étoile montante de la politique nippone et fils de l'ex-Premier ministre Junichiro Koizumi, depuis sa nomination mercredi lors d'un remaniement du gouvernement.

"Je voudrais réfléchir à la façon dont nous pourrions nous en débarrasser et non pas à la manière de les maintenir", a-t-il déclaré à la presse tard mercredi 11 septembre, semblant se faire l'écho de la position anti-nucléaire de son père. "Nous serons finis si nous laissons (un accident nucléaire, NDLR) se produire une seconde fois dans le même pays. Il nous est impossible de savoir quand nous allons subir un tremblement de terre".

Toutefois, ces propos ne devraient pas changer dans l'immédiat la politique déjà affichée par le Japon, qui prévoit de réduire progressivement sa dépendance à l'énergie nucléaire, un objectif rendu compliqué par la forte dépendance actuelle de l'archipel envers le charbon.

Tenir l’Accord de Paris

Le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe dit vouloir à terme s'éloigner de l'usage de cette énergie mais prévoit néanmoins d'y avoir largement recours sur les années à venir, en particulier pour respecter ses obligations de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat signé en 2015.

Ses projets les plus récents envisagent de porter la part du nucléaire à 20-22 % du mix énergétique du pays d'ici à 2030, contre 30 % avant la catastrophe de Fukushima. Mais le Japon peine à redémarrer ses réacteurs, qui avaient tous été mis à l'arrêt après ce désastre atomique, provoqué par le gigantesque tsunami du 11 mars 2011 qui a dévasté la côte nord-est du pays. Jusqu’alors, moins de 10 réacteurs ont repris du service.

Au même moment, sur le site de Fukushima, Tepco s’apprête à libérer des eaux contaminées dans l’océan. Les capacités de stockage d’environ un million de tonnes d’eau arrivent à saturation. Selon des experts le moyen le moins onéreux et le plus rapide de s’en débarrasser passera par une dilution progressive sur plus de sept ans. Cette décision fait toutefois grincer des dents les pays voisins.

Ludovic Dupin avec AFP


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