Publié le 25 février 2022

ÉCONOMIE

Sanctions économiques, cyberattaques, manifestations… La Russie est de plus en plus isolée

Les États alliés de l’Ukraine commencent à mettre en œuvre des sanctions économiques contre la Russie dans l’espoir d’assécher ses ressources. Secteurs financier et économiques stratégiques sont ciblés, en plus des actifs de certains puissants oligarques russes. Mais la société civile se mobilise aussi. De manière offensive, avec des cyberattaques par le groupe de hackers Anonymous, mais aussi pacifique par de nombreuses manifestations à travers le monde.

Manifestation pour Ukraine Paris Hans Lucas Anna MARGUERITAT AFP
Des manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes du monde en soutien à l'Ukraine.
@Anna Margueritat / Hans Lucas / AFP

Les chefs d’État et ministres alliés de l’Ukraine ne se quittent plus depuis le début de l’offensive militaire russe. Les réunions du G7, les sommets de l’OTAN, les rencontres des ministres européens se succèdent pour décider des sanctions à appliquer contre la Russie. Les ministres des finances européens se sont ainsi réunis ce vendredi 25 février pour mettre en œuvre les sanctions économiques décidées par les chefs d’État la veille.

"Ces sanctions nous permettront de couper l’accès de la Russie aux financements internationaux", explique Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie français. Le paquet de sanctions décidé prévoit de réduire l’accès des banques russes aux marchés de capitaux, mais cela s'applique aussi aux sociétés de secteurs stratégiques comme les transports, l’aéronautique ou les semi-conducteurs. Les actifs de personnalités proches du pouvoir russe doivent également être gelés. L’objectif, selon Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, consiste à "toucher de plein fouet les intérêts du Kremlin pour réduire ses possibilités de financement de la guerre".

Arme nucléaire financière

Les sanctions financières sont cependant jugées encore trop faibles, notamment par le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a appelé l'Union européenne à renforcer ses sanctions afin d'accentuer la pression sur la Russie. Les mesures décidées par les Européens risquent en effet de mettre du temps à produire leurs effets, tandis que l'offensive militaire russe ne cesse de progresser. Mais ce paquet de sanctions ne constitue qu’une première phase, les ministres européens ayant déjà discuté de la phase suivante éventuelle.

"Nous avons pris la décision de préparer de nouvelles sanctions encore plus pénalisantes sur les institutions financières russes", déclare ainsi Bruno Le Maire. L’une de ces sanctions pourrait consister à couper le réseau Swift, le système informatique qui permet les échanges financiers entre pays. "C’est l’arme nucléaire financière", prévient le ministre. Certains États européens hésitent encore, mais la Banque centrale européenne travaille à l’évaluation des conséquences d'une telle décision.

Plus de 1 800 Russes arrêtés pour avoir participé à des manifestations anti-guerre

En parallèle des sanctions décidées par les États, Anonymous a aussi décidé d’entrer dans la bataille. Le collectif de hackers anonymes a déclaré sur Twitter être "officiellement en cyber guerre contre le gouvernement Russe", en soutien à l’Ukraine. Il semble s’en être pris au site du ministère de la défense russe et au site Russia Today News, qualifié de "station de propagande" par le collectif, au moyen d'attaques "en déni de service" (technique qui consiste à inonder le réseau pour le surcharger et l'empêcher de fonctionner).

The Anonymous collective is officially in cyber war against the Russian government. #Anonymous #Ukraine

— Anonymous (@YourAnonOne) February 24, 2022

De manière plus pacifique, des citoyens sont également entrés en action pour montrer leur soutien à l’Ukraine. À Paris, une manifestation a eu lieu le jeudi 24 février rassemblant plusieurs centaines de personnes place de la République ; des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes de France, d’Europe et du monde. En Russie aussi, des citoyens ont décidé de protester contre la décision de leur gouvernement d’attaquer l’Ukraine. Des manifestations sévèrement réprimées par les autorités russes. Selon l’ONG russe OVD-Info, spécialisée dans la lutte contre les persécutions politiques, plus de 1 800 personnes ont été arrêtées en raison de leur participation à un rassemblement contre la guerre en Ukraine.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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