Publié le 28 mai 2022

ÉCONOMIE

Les pays du G7 s’engagent à décarboner le secteur de l’électricité d’ici 2035

Réunis à Berlin, les ministres du climat et de l’énergie des pays du G7 ont pris l’engagement de décarboner leur production d’électricité d’ici 2035 et de stopper les financements des projets liés aux énergies fossiles d’ici la fin de l’année. Les sept grandes puissances mondiales n’avaient encore fait, ensemble, de telles promesses. Mais leur feuille de route pour atteindre leur objectif demeure vague.

G7 ministre climat 2022 JohnMcDougall AFP
Les ministres de l'énergie et du climat des pays du G7 se sont réunis à Berlin.
@John MacDougall / AFP

Les sept pays les plus riches se sont mis d’accord sur une nouvelle feuille de route climatique. Les ministres du climat et de l’énergie du Groupe des sept, réunis à Berlin sous la présidence allemande, ont pris l’engagement de décarboner la majorité de leur secteur électrique d’ici 2035. Ils s’engagent également à mettre fin à tout financement international des projets liés aux énergies fossiles dès cette année. "Nous nous engageons à atteindre un secteur de l'électricité majoritairement décarboné d'ici 2035", ont-ils déclaré.

Les moyens pour atteindre cet objectif restent toutefois encore vagues. Les pays du G7 s'engagent "à soutenir l'accélération de la sortie mondiale du charbon" et à "développer rapidement les technologies et les politiques nécessaires à la transition vers une énergie propre". Reste donc à savoir quelles actions chacun de ces pays mettra en place.

Des pays comme les États-Unis ou l’Allemagne avaient déjà pris l’engagement de décarboner leur production électrique d’ici 2035. Mais il s’agit de la première fois que les sept puissances industrielles (États-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni et Allemagne) s'engagent ensemble sur un tel objectif, certaines comme le Japon ou l’Italie étant jusqu’à maintenant plus réticentes sur ce point.

Revirement du Japon

Les ministres ont également promis de mettre un terme au financement public à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans technique de capture du carbone d’ici fin 2022. Interrogé par France Info, François Gemenne, enseignant à Science Po et membre du Giec, estime cet engagement historique, "même si on est habitué à cette litanie de promesses". Il ajoute : "jusqu'ici, c'était un point aveugle de la lutte contre le changement climatique, alors que le Giec estime qu'il serait possible de réduire de 10 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre si on mettait fin à ces subventions publiques".

Cette annonce a été permise grâce à un revirement du Japon, dernier pays du groupe qui refusait de s'engager sur cette question. Une vingtaine de pays, dont les autres États du G7, avaient déjà signé une déclaration en ce sens en novembre dernier, lors de la COP26 à Glasgow. "Il est bien que le Japon, premier financeur des combustibles fossiles au monde, ait rejoint les autres pays du G7", estime Alden Meyer, expert du Think Tank européen E3G.

Les États du G7 ont également rappelé leur objectif commun de supprimer toute subvention directe à des énergies fossiles d'ici 2025. "Récompenser un comportement nuisible au climat par des subventions (...), c'est absurde et cette absurdité doit être éliminée", a commenté Robert Habeck le ministre allemand de l'Économie et du Climat, lors d'une conférence de presse vendredi. Selon l'ONG Oil Change International, entre 2018 et 2020, les seuls pays du G20 ont financé de tels projets à hauteur de 188 milliards de dollars, principalement via des banques multilatérales de développement.

Arnaud Dumas avec AFP


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