Publié le 09 mars 2022

ÉCONOMIE

Solidarité, climat, éducation... Découvrez les pays champions de "l'indice de la positivité"

L’Institut de l’Économie Positive vient de publier son "indice de la positivité" des nations. La France, se positionne en 16ème place loin derrière le trio de tête occupé par les pays nordiques. Basé sur 38 indicateurs, cet indice vise à inciter les politiques à mieux prendre en compte les intérêts des générations futures, intégrant ainsi le social ou l'environnement.

Made in France AFP
la France obtient une note de 51,5% à l'indice de positivité des nations, au-dessus de la moyenne mais peut mieux faire
Thomas SAMSON / AFP

"Les derniers évènements démontrent notre grande vulnérabilité et l’urgence que nous avons à faire évoluer nos modèles", alerte Clarisse Macé, responsable de la mesure à l’Institut de l’Économie Positive. Dans ce but, l'institut publie la 9e édition de son "indice de la positivité". Cet indicateur dépasse le PIB et la croissance pour apprécier les progrès d’une nation afin de pouvoir comparer les pays et leurs politiques publiques. Il est calculé à partir de 38 données publiques qui couvrent quatre domaines : l’économie, l’environnement, le social et la gouvernance.

Le comité scientifique, composé de chercheurs travaillant pour des institutions reconnues, s'appuie sur une "méthodologie très robuste", selon Clarisse Macé. Il place ainsi la France à la 16e place du classement de "la positivité des pays de l’OCDE". Sans surprise, l’Hexagone est devancé par les pays nordiques avec la Suède qui prend la tête du palmarès suivi par la Norvège, le Danemark, l’Allemagne, la Finlande puis la Nouvelle Zélande. À l’inverse, le Mexique, Israël et la Colombie arrivent en queue de peloton. Les pays du Nord "se démarquent particulièrement dans les domaines de la gouvernance et de l’environnement", note le rapport.

Corruption, liberté de la presse...

"L’un des objectifs de l’indice est d’évaluer et de partager les meilleures pratiques dans les pays de l’OCDE", souligne Clarisse Macé. Le rapport souligne l’exemplarité des pays scandinaves sur le critère de la gouvernance par un fort attachement aux principes de démocratie et de solidarité. "Ils sont systématiquement en tête de l’indice de démocratie publié par The Economist, de l’indice de perception de la corruption publié par l’ONG Transparency International, et de l’indice de la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontières", détaille le rapport.  

Or, l’institut souligne que les pays nordiques consacrent 0,75% de leur revenu national brut à l’aide publique au développement, soit deux fois plus que la moyenne des pays de l’OCDE. "Ce n’est pas un hasard si les deux pays les plus avancés en matière de bonheur des citoyens (la Finlande et la Nouvelle-Zélande) sont les seuls à avoir placé l’économie de la vie au cœur de leurs priorités", martèle Jacques Attali, président du conseil de surveillance de l’institut de l’économie positive.

Le rapport identifie des "marges de progression" pour la France

Sur le volet environnemental, le rapport explique les bons résultats des pays nordiques par des politiques publiques précoces avec un "objectif de neutralité carbone évoqué en 2008 en Norvège et en 2009 en Suède ou une taxe carbone introduite dès les années 1990".  Il note par ailleurs que les énergies renouvelables représentent 52 % de leur production d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre sont en moyenne inférieures de 35% à celles de l’OCDE. La pollution de l’air, facteur de risque important pour la santé est également largement inférieure à la moyenne de l’OCDE.

De son côté, la France obtient une note de 51,5%, au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE mais avec "des marges de progression", indique le rapport, notamment dans le domaine de l’éducation. "La France se caractérise notamment par un nombre d’élèves par professeur supérieur à la moyenne de l’OCDE, et une insertion des jeunes moins bonne que dans le reste de l’OCDE. Par ailleurs, le système éducatif français a davantage tendance à reproduire les inégalités que la moyenne de l’OCDE", indique l’étude.

Les auteurs du rapport souhaitent ainsi que l’indice devienne une référence dans la construction des politiques publiques. "L’indice de positivité des nations, développé depuis plus de dix ans par l’Institut de l’Economie Positive en partenariat avec l’OCDE, a été conçu afin d’analyser la capacité des acteurs publics à prendre en compte le long terme à tous les niveaux de l’action publique", appuie Jacques Attali. Il appelle de ses vœux une "transformation profonde de nos sociétés" pour que "l’économie de la vie supplante l’économie de la mort".

Mathilde Golla @Mathgolla


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