Publié le 03 juin 2021

ÉCONOMIE

Entreprise : le gouvernement met fin au "quoi qu’il en coûte" mais veut éviter une explosion des faillites

Alors que les restrictions sanitaires s'allègent progressivement et que l'activité économique reprend des couleurs, le gouvernement a présenté le 1er juin son plan d'action pour accompagner les entreprises en sortie de crise. Le but est d'éviter une flambée des faillites avec la réduction progressive des aides.

Bruno Le Maire economie twitter
Le gouvernement entre dans une phase de "transition" en allégeant les aides dédiées aux entreprises.
Compte Twitter Bruno Le Maire

Avec le déconfinement et le recul du Covid-19 en France, la réouverture des terrasses, des musées, des cinémas… Le gouvernement allège également les aides d’urgence dédiées aux entreprises. "Il faut que les aides qui sont maintenues soient dégressives et adaptées pour sortir du "quoi qu’il en coûte", tout simplement parce qu’une économie qui fonctionne normalement fonctionne sans le soutien des administrations, sans le soutien public", a défendu le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse le 1er juin. 

Pas question pour autant de laisser les entreprises s’effondrer après avoir été mises sous perfusion. Le risque étant de provoquer une vague de faillites dont la France a été épargnée jusqu’ici. Et de fait, le niveau de défaillances d’entreprises est exceptionnellement bas par rapport à 2019. Mais depuis le mois de mars, le cabinet Altares, spécialiste du sujet, a constaté une dégradation de la situation. "Alors que la tendance à la baisse des défaillances d’entreprises était forte depuis un an, les deux dernières semaines de mars marquent un point de bascule. Les défaillances ont explosé de 155 % comparés à mars 2020", explique Thierry Million, directeur du cabinet.

Sauver les entreprises viables

L’heure est donc au choix. Car certaines entreprises "zombies", qui auraient dû mettre la clé sous la porte en temps normal, ont échappé à la faillite grâce au soutien de l'État. L’enjeu est de mieux cibler les aides, estime Thierry Million, pour aider les sociétés viables à se relever de la crise. Une analyse partagée par le Directeur général de la Caisse des dépôts - dont Novethic est une filiale - Éric Lombard pour qui le plan de relance "vise à protéger les entreprises qui ont un avenir, pas celles dont le modèle économique n'est malheureusement plus tenable, même sans crise". 

Pour se faire le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a dévoilé un plan d’action sur l’accompagnement des entreprises en sortie de crise. Le dispositif mis en place par le gouvernement s’appuie sur trois axes : la détection précoce des fragilités financières, l’orientation des entreprises à risque et enfin l’accompagnement avec des solutions permettant de consolider la situation financière.

Surtout, Bercy a annoncé le développement d’un fond de transition de trois milliards d’euros. "L’objectif n’est pas de diluer les actionnaires et l’État n’a pas vocation à devenir actionnaire universel des entreprises françaises. Notre objectif est d’assurer une transition dans la sortie de crise pour que ces entreprises puissent rebondir. Ces trois milliards d’euros visent donc à assurer la transition entre des difficultés conjoncturelles d’une entreprise et le retour à l’activité normale", explique Bruno Le Maire.

Le gouvernement est plutôt optimiste pour la suite. Bercy confirme sa prévision d’une croissance de 5 % pour 2021. Si les experts sont mitigés sur une possible vague de faillites d’ici 2022, date à laquelle les entreprises vont commencer à rembourser leur prêt garanti par l’État, la Banque de France se veut rassurante. "Il faut éviter d’exagérer les alarmes" même si "la prudence s’impose" a soutenu le 4 mai le gouverneur de la banque de France François Villeroy de Galhau. 

Marina Fabre, @fabre_marina



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