Publié le 14 janvier 2021

ÉCONOMIE

Avec une France sous couvre-feu à 18 heures, la Relance est reportée sine die

La France ne parvient pas à significativement ralentir la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19. En conséquence, le Premier ministre décide d’un couvre-feu général avancé à 18 heures sur tout le territoire français. Un coup dur pour nombre d’entreprises qui ne rouvriront pas ou qui verront leur activité encore plus réduite. Aussi, de nouvelles mesures d’aides sont décidées, ce qui reportent de fait le déploiement et les effets du plan de relance.

Bruno Le Maire Jean Castex Thomas COEX POOL AFP
Sans compter le chômage partiel, les nouvelles mesures d'aides annoncées par Bruno Le Maire représentent quatre milliards d'euros.
Thomas COEX / POOL / AFP

Fin août, le gouvernement était prêt à relancer l’économie avec un grand plan ambitieux et vert de 100 milliards d’euros… Et puis la seconde vague est arrivée. Elle a entraîné un confinement, puis un couvre-feu. À partir du samedi 16 janvier, celui-ci sera avancé à 18h00 sur toute la France, a annoncé le Premier ministre Jean Castex lors d’une conférence de presse. Ces décisions "difficiles à prendre" sont justifiées par une diffusion soutenue du virus et l’apparition inquiétante de variants britannique et africain plus contagieux.

Cette mesure correspond aux choix faits par tous nos voisins assurent les ministres, mais mettent encore plus l’économie, déjà exsangue, en danger. C’est pourquoi Bercy annonce de nouvelles mesures d’aides qui, sans compter le chômage partiel, vont représenter quatre milliards d’euros de dépenses supplémentaires par mois. Cela concerne l’augmentation du fonds de solidarité ou l’exonération de certaines charges fixes, comme les loyers, jusqu’à un plafond de trois millions d’euros.

Lassitude et colère

Par ailleurs, les 650 000 entreprises qui ont souscrit un prêt garanti d’État et dont les premières échéances débuteront en mars vont pouvoir, si elles le souhaitent, reporter le remboursement d’un an. D’autres aides sont attendues. "Nous avons une conscience aiguë de la lassitude, de la colère, du désespoir de toutes ces professions (mise à l’arrêt total ou partiel, ndr). Nous ne pouvons pas donner de date précise de sortie de crise sanitaire. Mais nous pouvons donner de la visibilité sur notre soutien économique", lance Bruno Le Maire.

La conséquence de ces aides est que les sommes du plan de relance vont tarder à être décaissées. En l’état, leurs effets seront minimisés par une économie au ralenti. Bruno le Maire explique justement que garantir la survie des entreprises, des emplois et des compétences est indispensable pour relancer le pays. Si le ministre a toujours le vœu d’engager "dans les meilleurs délais" le plan de relance, celui-ci appelle, en attendant, les Français à "consommer et investir dans l’économie française les 100 milliards d’euros qu’ils ont épargnés pendant cette crise". En contrepartie, les impôts ne seront pas augmentés.

Un deal compliqué à tenir puisque la consommation est également en demi-sommeil. Sans compter qu’une autre menace pèse sur la relance : l’augmentation de la dette publique. Si le gouvernement assure avoir les moyens de supporter les aides annoncées, il rappelle qu’il faudra rembourser la dette. "Dire l’inverse est irresponsable", assène Bruno Le Maire. "Il faudra le faire une fois la crise derrière nous, sinon ce serait risquer de tuer dans l’œuf la reprise". Or, cette fin de crise est liée au succès de la campagne vaccinale, insiste Jean Castex. Mais, mi-janvier, seuls 247 000 Français ont reçu une première dose de vaccin.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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