Publié le 12 mars 2021

ÉCONOMIE

Avec le pass sanitaire, entreprises et gouvernement veulent anticiper l’après-crise

Alors que la France subit la pandémie de Covid-19 depuis une année, le gouvernement espère rouvrir les restaurants, théâtres, musées, salles de sport d'ici mi-avril. Pour préparer cette après-crise, l'Exécutif réfléchit à un pass sanitaire numérique qui permettra de faciliter le "système d'alerte" et intégrera les tests de dépistage. Les entreprises mises au ralenti par la situation actuelle sont dans les starting-blocks. 

IStocK Antonio Diaz restaurant covid
Le pass sanitaire permettra une réouverture maîtrisée des restaurants, croit le gouvernement.
Antonio_Diaz / Istock

C’est un calendrier qui est fragile mais qui donne une lueur d’espoir. Début mars, le Premier ministre envisageait une levée des contraintes sanitaires mi-avril, date à laquelle "les lieux qui font notre vie sociale rouvriront", a précisé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Ce dernier a même évoqué un "retour à la vie normale". Mais les réouvertures des restaurants, musées, théâtres, cinéma ne devront pas se faire dans la précipitation, prévient le gouvernement qui pourrait avoir trouvé la solution : le pass sanitaire.

Pour l’instant, les contours de ce nouvel outil restent flous. Mais lors d’une conférence de presse Emmanuel Macron a dévoilé plusieurs pistes à suivre. Le pass sanitaire serait un dispositif numérique relié à l’application Tous Anti-Covid. Il pourrait s’apparenter à un QR code que l’on scannerait à l’entrée des lieux publics. Le but serait de "faciliter le système d’alerte". Le pass sanitaire permettrait également d’intégrer des tests négatifs récents ou encore la vaccination. 

"Nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination"

Mais attention, prévient le chef de l’État : "Si on arrive à un moment dans le printemps à rouvrir certains de ces lieux, nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination alors même que nous n’aurions même pas ouvert la vaccination aux plus jeunes. Ce serait invraisemblable", a-t-il prévenu. Du côté des restaurateurs, on suit de près la mise en place de ce pass sanitaire. "Je suis sûr que l'histoire du pass va faire hurler dans les chaumières par rapport à la liberté des uns et des autres. C'est un argument que je peux entendre aussi. Maintenant, il nous faut une solution pour rouvrir," explique Hubert Jan, le président de la restauration au sein de l'UMIH à Tour Mag.

Parallèlement à ce pass français, les États européens sont en train de réfléchir à la mise en place d’un passeport sanitaire appelé Digital Green Pass. La Commission européenne doit rendre son avis le 17 mars sur le sujet. "La nouveauté c’est qu’on va faire une proposition législative visant à faciliter la liberté de mouvement au sein de l’UE et vers l’étranger", a expliqué la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Si la France et l’Allemagne étaient au départ réticentes, jugeant ce dispositif prématuré, les vacances d’été à venir ont persuadé les deux puissances de l’intérêt d’une harmonisation.  Le but est d’éviter que "chaque pays développe son propre système", a expliqué Emmanuel Macron. 

Un test d'Air France

De quoi réjouir les acteurs du tourisme, au plus mal depuis le Covid-19. Ces derniers n’ont d'ailleurs pas attendu Bruxelles pour expérimenter de nouveaux dispositifs. Mi-février, la fédération des Entreprises du voyage, représentant 85 % du marché des agences du secteur, poussait déjà à la mise en place d’un "certificat sanitaire digital" sous forme de QR code. Le 11 mars, Air France a d’ailleurs expérimenté sur ses liaisons au départ de Paris vers la Guadeloupe et la Martinique un "pass sanitaire numérique" en partenariat AOKpass.

Cette application "permet aux passagers d’enregistrer de manière sécurisée les résultats de leur test COVID réalisé dans un laboratoire partenaire", note Air France. AOK Pass vérifie alors si le test est conforme à la réglementation du pays de destination via la blockchain. Cette initiative a été saluée par le ministre du Transport, Jean-Baptise Djebbari. "Il y aura très certainement des protocoles sanitaires qui imposeront soit d’avoir un test, soit d’avoir un certificat de vaccination pour prendre l’avion", a expliqué le ministre. Il a mis en avant l'utilité de ces applications "en lien avec les laboratoires, qui simplifient le voyage".

Marina Fabre, @fabre_marina


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