Publié le 27 mai 2022

ÉCONOMIE

Antonio Guterres, de l’ONU, exhorte les étudiants à ne pas travailler pour les destructeurs du climat

Pour le secrétaire général des Nations Unies, les énergies fossiles font clairement partie du passé. Antonio Guterres a prononcé un discours lors de la cérémonie des diplômes de l’université de Seton Hall aux États-Unis en conseillant fermement aux étudiants de ne pas travailler pour les entreprises détruisant le climat. Un appel qui fait écho aux mobilisations de plus en plus nombreuses de jeunes diplômés qui ne veulent pas utiliser leurs compétences dans des entreprises ne répondant pas à leurs valeurs.

Antonio Guterres ONU Seton Hall University UN Photo Evan Schneider
Le secrétaire général de l'ONU a adressé un discours lors de la remise des diplômes des étudiants de l'Université de Seton Hall, aux États-Unis.
@UN Photo / Evan Schneider

Ils vont bientôt devoir choisir l’entreprise dans laquelle ils travailleront. Et Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, a donné un conseil clair aux jeunes diplômés de la promotion 2022 de l’Université de Seton Hall dans le New Jersey aux États-Unis. "Mon message pour vous est simple, déclare-t-il dans son discours lors de la cérémonie de fin d’études. Ne travaillez pas pour les destructeurs du climat. Utilisez vos talents pour nous conduire vers un futur renouvelable." Le secrétaire général de l’ONU leur dresse un état du monde "empli de périls", citant aussi bien les guerres, dont celle en Ukraine, que les pénuries alimentaires, les inégalités sociales, et, bien sûr, la crise climatique.

 Autant de périls que les gouvernements actuels peinent à résoudre. "Il revient à vous, diplômés de Seton, d’utiliser ce que vous avez appris ici pour résoudre ces problèmes", insiste-t-il. Même chose du côté des entreprises, qui continuent d’investir dans les énergies fossiles malgré le risque climatique, mais pour qui, selon Antonio Guterres, la mise en responsabilité est imminente. Les jeunes diplômés disposent cependant des atouts pour conduire le changement. "Votre talent est demandé par les multinationales et les grandes institutions financières", leur rappelle-t-il en les exhortant à faire les bons choix.

Ne pas s’orienter vers des jobs destructeurs

Le discours d’Antonio Guterres arrive au moment où de plus en plus d’étudiants refusent de s’engager sur la voie toute tracée par leur diplôme. Début mai, huit diplômés d’AgroParisTech, l’école d’ingénieur agronomes, avaient eux-mêmes pris la parole pour inciter leurs camarades à déserter et ne pas s’orienter vers des jobs destructeurs. Ils critiquaient également leur formation, trop orientée vers des technologies nuisibles pour l’environnement selon eux.

Des étudiants des Écoles Normales Supérieures ont quant à eux pris la plume, également début mai, et publié une tribune pour proposer une "recherche plus impliquée face aux problèmes de notre monde", selon le collectif Effisciences qu’ils ont créé. Pandémies, changement climatique, conflits armés… ces étudiants estiment sur leur site que "les actions politiques nécessaires ne sont clairement pas au rendez-vous. Et les sciences non plus ne se montrent pas suffisamment à la hauteur". Ils soulignent dans leur tribune que seuls 10 % de la recherche sont consacrés à l’un des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Ce collectif d’étudiants choisit donc de prendre en main ses propres sujets de recherche et propose d’accompagner ses pairs vers des thèmes responsables.

 Le secrétaire général de l’ONU encourage donc ces prises de positions des étudiants, en leur disant : "ma génération – et la génération de vos parents – n’a pas réussi à vous transmettre le monde que vous méritez (…) J’ai l’espoir que vous réussissiez là où nous avons échoué". Les mots d’Antonio Guterres ont d’ailleurs été salués par les étudiants du collectif Pour un réveil écologique. Sur Twitter, le mouvement commente le discours en disant que "l’écho avec le Manifeste pour un réveil écologique que nous lancions en 2018 est fort". Depuis cette date, Pour un réveil écologique réunit 33 000 étudiants français s’étant engagés à ne pas travailler pour des destructeurs du climat.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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