Le dernier baromètre du Pacte Mondial de l’ONU montre que les entreprises françaises utilisent de plus en plus le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) pour leurs politiques RSE. Une intégration qui doit toutefois encore progresser.

Les Objectifs de développement durable (ODD) sont de plus en plus utilisés par les entreprises françaises pour calibrer leurs stratégies RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), et notamment leur communication autour des enjeux de durabilité. C’est ce que révèle le baromètre 2024 publié le 25 janvier par la branche française du Pacte Mondial de l’ONU (Organisation des Nations Unies). Les 17 ODD, définis en 2015, doivent servir de feuille de route à la transition écologique et sociale. 
Plusieurs chiffres montrent la progression de l’intégration des ODD par les entreprises françaises pour leur stratégie RSE. Sur les 442 entreprises françaises interrogées, 87% disent connaître les Objectifs de développement durable, preuve que le cadre s’est largement imposé. 80% sont même “engagées en faveur des ODD” et 70% sont membres du Pacte mondial de l’ONU.

Un outil essentiel du dialogue autour de la RSE des entreprises


Dans le détail, 64% des entreprises interrogées expliquent avoir fait correspondre les différentes actions de leur démarche RSE avec les ODD, de manière à mieux cibler les actions et avoir une communication plus simple autour de leur stratégie RSE. On le voit désormais dans de nombreux rapports de durabilité, qui sont structurés autour des ODD : ODD 13 pour les actions en matière de lutte contre le réchauffement climatique, ODD 8 pour les actions en lien avec les conditions de travail…
Ils s’affirment ainsi comme un cadre central de communication et de transparence avec les parties prenantes : pour 80% des entreprises interrogées, ce dialogue avec les parties prenantes est d’ailleurs la raison de leur engagement autour des ODD. La grande majorité des entreprises interrogées perçoivent ainsi les ODD comme un bon moyen de communication. Et c’est peut-être d’ailleurs la limite de ce dispositif : il est encore trop souvent limité à un outil de communication, interne ou externe.

Un outil qui peine à s’intégrer à la stratégie globale de l’entreprise


Ainsi, quand on regarde si les ODD sont au service d’une transformation systémique des modèles d’affaires des entreprises, les résultats sont plus contrastés. 21% seulement des entreprises interrogées déclarent avoir aligné la stratégie d’affaires de leur organisation sur ces objectifs. 43% assortissent les ODD d’objectifs de moyen et long terme à atteindre, 37% seulement ont développé des indicateurs pour mesurer leur contribution aux Objectifs du Développement Durable, et à peine 14% pour mesurer l’impact négatif de leurs activités sur ces mêmes objectifs.
Autre lacune des ODD : ils restent majoritairement des instruments mobilisés par les grandes entreprises. Ainsi, les PME sont environ 25% moins nombreuses que les grandes entreprises à connaître le dispositif. Enfin, certains objectifs font l’objet d’une attention plus soutenue que d’autres : si près de 60% des entreprises françaises disent considérer l’ODD 13 sur le changement climatique comme prioritaire, elles sont moins de 30% à considérer comme prioritaire l’ODD 15 sur la biodiversité terrestre, moins de 20% pour l’ODD 14 sur la vie aquatique.
On retrouve ici une tendance générale de la RSE : le climat, poussé par des réglementations plus contraignantes et des indicateurs de suivi plus simples, tend à mobiliser davantage l’attention. Le sens des ODD est pourtant, au contraire, de montrer le caractère systémique des enjeux. Il y a donc sans doute encore un peu de travail avant que les ODD ne soient réellement facteurs de transformation transversale et systémique dans les entreprises.

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