La France a déposé un recours devant le tribunal administratif, qui avait ordonné à l'État en décembre 2020 de prolonger les concessions liées au projet d'extraction minière de la Montagne d'or en Guyane. Le gouvernement évoque une incompatibilité avec les ambitions environnementales du pays et exprime la nécessité de réformer la filière d'exploitation de l'or. 

Le bras de fer continue pour le métal jaune. La France a de nouveau réaffirmé son opposition au projet d’exploitation minière de la Montagne d’or en Guyane ce mercredi 3 février, en déposant un recours contre le tribunal administratif. Celui-ci avait ordonné à la France en décembre 2020 de prolonger les concessions nécessaires à l’exploitation du site, alors que le pays avait fait part de sa volonté de mettre fin à l’entreprise.
"Le projet Montagne d’or tel qu’il a été présenté n’est pas compatible avec (les) ambitions (du gouvernement, ndlr) en matière d’environnement, rappelées le 11 janvier dernier par le Président de la République à l’occasion de la quatrième édition du One Planet Summit dédiée aux enjeux de protection de la biodiversité", ont souligné les trois ministres signataires du recours, Barbara Pompili pour la Transition écologique, Sébastien Lecornu pour les Outre-mer  et Agnès Pannier-Runacher, pour l’Industrie. 


À l’occasion du Conseil de défense écologique de mai 2019, Emmanuel Macron s’était exprimé en faveur de l’arrêt de ce projet minier, dont l’ouverture prévisionnelle est prévue en 2022. L’État n’avait donc pas donné suite aux demandes de prolongation pour 25 ans des concessions sollicitées par la compagnie.
Transformer la filière aurifère
Les ministres mettent l’accent sur la nécessité de transformer la filière de l’extraction de l’or.  Les concessions minières pour la montagne d’or, qui sont des droits exclusifs attribués par l’État pour exploiter un territoire, s’étendent sur une surface de 40 km2, en pleine forêt, entre deux réserves à haute valeur de biodiversité au nord de la Guyane. La Compagnie Montagne d’Or (CMO) envisage sur le site un traitement par cyanuration, méthode privilégiée pour l’extraction du métal jaune. Les inquiétudes reposent notamment sur la gestion des boues cyanurées. En cas de fuite, ces déchets pourraient avoir des conséquences catastrophiques sur l’environnement. 
Pour Barbara Pompili, "cette affaire met en lumière le fait qu’une réforme du code minier est nécessaire pour apporter des réponses concrètes aux parties prenantes et prendre davantage en compte les enjeux environnementaux en amont des projets miniers". Le ministre des Outre-mer a quant à lui affirmé "qu’un projet de l’ampleur de la Montagne d’Or n’a pas sa place en Guyane" tout en assurant croire "au développement d’une filière aurifère responsable et durable".
Pauline Fricot avec AFP

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