Publié le 15 mai 2017

PRÉSIDENTIELLE

Transition énergétique, devoir de vigilance, égalité... Quand le Premier Ministre Edouard Philippe était député

Edouard Philippe, député-maire du Havre, a été nommé Premier Ministre par Emmanuel Macron, le lundi 15 mai. Novethic a passé au crible ses votes à l’Assemblée nationale alors qu'il était député de Seine-Maritime. Suivant les consignes de votes du groupe parlementaire "Les Républicains", le Premier Ministre s'est prononcé contre la loi de transition énergétique, contre la loi relative à la lutte contre la fraude fiscale et s’est abstenu concernant le devoir de vigilance des multinationales.  

Edouard Philippe est le nouveau premier Ministre français
Novethic

Emmanuel Macron l’a martelé, il veut "dépasser les clivages". Fidèle à sa devise, l'ancien ministre d'un gouvernement socialiste, a donc choisi un "homme de droite" en tant que Premier ministre. Le maire Les Républicains du Havre, Edouard Philippe, était pressenti depuis quelques jours pour remplacer Bernard Cazeneuve à Matignon. À 46 ans, cet ancien juppéiste s’inscrit pleinement dans la stratégie de rassemblement d’Emmanuel Macron.

Quelles positions a tenu le nouveau Premier ministre lorsqu’il était encore député sous le quinquennat de François Hollande ? Il s'est opposé aux principales lois environnementales ou celles liées à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Ces positions sont évidemment dues à son appartenance au groupe parlementaire d'opposition "Les Républicains". Si c'est un marqueur politique fort, gageons que cela ne soit pas le signal d'une opinion monolithique dans le gouvernement d'ouverture voulu par Emmanuel Macron.

 

Pour le maintien d'une centrale à charbon

 

Ainsi, Edouard Philippe a voté contre la loi de Transition énergétique pour la croissance verte. En 2016, il avait lutté pour le maintien de la centrale thermique d’EDF alimentée au charbon. Celle-ci emploie aujourd’hui 180 personnes au Havre, ville dont il était, jusqu’à aujourd’hui, le maire. "Cette fermeture aurait des conséquences dramatiques pour l’activité portuaire, et des conséquences pour la place industrialo-portuaire du Havre", déclarait-il, selon Europe 1, lors d’un conseil municipal en juillet 2016.

Concernant le projet de loi relatif à la biodiversité, le Premier ministre a voté contre. Il est d'ailleurs favorable au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 

 

Contre le devoir de vigilance des multinationales

 

Édouard Philippe s’est abstenu lors du vote de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales pourtant adoptée à une large majorité (323 pour, 10 contre). Cette loi oblige les grandes multinationales à déployer un plan de vigilance pour "prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement". Une loi très attendue par les associations.

La loi dite Sapin 2, relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique n’a pas non plus récolté l’approbation du député. Cette loi a notamment doté les actionnaires, lors des Assemblées générales, d’un vote contraignant permettant ainsi de limiter les rémunérations hyper-excessives des grands patrons. Le texte a créé une nouvelle "Agence française anti-corruption" et a défini le statut des lanceurs d’alerte pour mieux les protéger. La loi Sapin 2 oblige également les grandes entreprises à publier leurs données fiscales "pays par pays". Un reporting visant à lutter contre la fraude fiscale.

 

Contre la loi renseignement 

 

Edouard Philippe a voté contre la loi renseignement, adoptée quelques jours seulement après les attentats de Paris en janvier 2015. Une loi qui "posait des questions en matière de libertés individuelles", déclarait-il alors au site Atlantico, soulignant les "interrogations que soulève le projet de loi sur le renseignement, non seulement chez les défenseurs des Droits de l'Homme mais également au sein de l'opposition républicaine et jusque chez les éditorialistes de la presse étrangère". 

 

Contre l'égalité réelle entre les femmes et les hommes 

 

Enfin, Edouard Philippe s’est abstenu lors du vote du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Une loi qui incite les pères à prendre un congé parental et conditionne notamment l’accès des entreprises aux marchés public au respect de l’égalité professionnelle. 

Concepcion Alvarez et Marina Fabre
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