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« La part des voitures électriques ne dépassera pas 3,2% du marché mondial dans 15 ans. » Les conclusions de la dernière étude du cabinet Oliver Wyman sur les perspectives du marché de l'électromobilité en 2025 contrastent violemment avec l'engouement que suscitent ces « voitures vertes ». Le cabinet dresse un constat sans appel : « En 2009, moins de 10 000 véhiculent purement électriques seront vendues dans le monde. De même, la flotte mondiale de quelques 2,5 millions de véhicules hybrides est encore un phénomène marginal en comparaison des 850 millions de véhicules en circulation dans le monde. » Et tempère les annonces alléchantes des constructeurs : « en 2025, la part des hybrides atteindra certes 16% du marché automobile mondial, mais encore 76 millions de véhicules auront des moteurs à combustion, soit 84% du marché. » Constructeurs et gouvernements convaincus
Pourtant, certains constructeurs n'hésitent pas à s'engouffrer sur ce marché, tant dans l'espoir de sortir de la crise qui les touche, que de redorer l'image d'une industrie polluante auprès de consommateurs de plus en plus intransigeants. Toyota, pionnier de la technologie hybride, annonçait ainsi début septembre avoir écoulé plus de 2 millions de voitures hybrides dans le monde depuis le lancement de la première génération en 1997, et espère atteindre le million de ventes annuelles d'ici 2010. L'allemand Volkswagen prévoit pour sa part de proposer dès 2013 des modèles électriques au sein de sa gamme. Quant au français Renault, il vient d'annoncer un plan d'investissement d'un milliard d'euros, et s'apprête à signer un partenariat avec l'énergéticien allemand RWE pour accélérer le développement des bornes de recharges destinées aux futures voitures électriques. Selon Carlos Ghosn, PDG du groupe, 6 millions de véhicules hybrides et électriques seront bientôt mis sur le marché chaque année, pour atteindre les 10% du marché mondial en 2020. L'engouement des constructeurs est par ailleurs partagé par de nombreux États européens. Et notamment par la France, qui devrait annoncer le 23 septembre prochain son «Plan véhicules propres ». L'objectif, fixé par le président de la République Nicolas Sarkozy, est d'encourager la vente de 100 000 véhicules d'ici 2012. Outre-Rhin, le gouvernement allemand espère pour sa part compter un million de voitures électriques ou hybrides d'ici 2020, et consacre pour cela une enveloppe de 500 milliards d'euros. Quant au gouvernement britannique, il projette de subventionner entre 2200 et 5600 euros l’achat de véhicules électriques et hybrides à partir de 2011. Des obstacles à franchir
Pourtant, Oliver Wyman dénombre un certain nombre d'obstacles à cette propagation annoncée des voitures vertes. En premier lieu : les performances encore hésitantes de ces nouvelles technologies. « Les autonomies annoncées sont celles en conditions idéales, sur route plane et à température moyenne. Dès qu'un paramètre change, ces autonomies peuvent chuter de moitié ! » D'autant que si une panne sèche d'essence peut se résoudre après quelques kilomètres de marche, un bidon à la main, la panne électrique suppose, elle, une borne de recharge à proximité. Or, la mise en place d'un réseau d'infrastructures dense et efficace est un processus long et coûteux qui n'est toujours pas amorcé. Autre frein pour les consommateurs : le prix de ces nouvelles voitures, encore trop élevé. D'après le cabinet de conseil, le coût de production d'une voiture électrique est 150% plus élevé que celui d'une voiture traditionnelle, et seulement 14 % des consommateurs se disent prêts à assumer un surcoût à l'achat. Enfin, la question de la standardisation des infrastructures suppose une concertation internationale préalable à la mise sur le marché, qui pour l'heure est à peine engagée. L'évolution des comportements sera plus efficace pour limiter les émissions de CO2
Le marché des véhicules hybrides et électriques est donc certes en train de croître, mais à un rythme de croisière très lent. Il semble davantage voué à alimenter les flottes privatives d'entreprises et d'organismes publics capables de mettre en place et d'entretenir les infrastructures adéquates, qu'à envahir les garages des particuliers. Pour autant, la réduction des émissions de CO2 dues au transport est loin d'être peine perdue. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et l'avènement de l'industrie automobile, le volume mondial d'essence consommée a baissé en 2008. Pour les consultants d'Oliver Wyman, il s'agit là d'une preuve évidente d'un changement de comportement de la part des consommateurs. « La relation à la voiture n'est plus la même. Avant, posséder une voiture était une évidence. Aujourd'hui, on voit de plus en plus de gens, surtout dans les nouvelles générations, se demander si finalement, c'est si nécessaire. » Une question qui se posera probablement de plus en plus avec l’entrée en vigueur de la taxe carbone en 2010, dès lors que les usagers auront le choix d’opter pour un autre mode de transport.
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