Prise en compte des critères ESG
Si les actionnaires d’une entreprise, qu’elle soit cotée ou non, sont susceptibles d’attendre de sa part un retour sur leur investissement et tirer bénéfice de sa croissance, la RSE comme l’ISR font émerger une catégorie d’actionnaires qui ont d’autres attentes qu’un rendement financier à court terme. Par nature investisseurs de long terme parce que leur horizon de placement est de plusieurs années, ils s’intéressent aux stratégies dite de développement durable et veulent comprendre en quoi elles tendent à limiter certains risques ou en quoi elles peuvent être une nouvelle source de créations de valeur.
Il s’agit souvent de grands investisseurs institutionnels qui, au plan international, ont adhéré aux Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies. Ces six principes dont les signataires s’engagent à prendre en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans l’ensemble de leur gestion d’actifs ont été signés en 2011 par près de 900 acteurs internationaux venant d’une cinquantaine de pays et gérant plus de 10 % des encours mondiaux.
La prise en compte des critères ESG peut prendre des formes différentes pour les investisseurs. Ils peuvent sélectionner pour leurs placements les entreprises les mieux disantes dans le domaine de développement durable et éliminer des mêmes portefeuilles les plus décriées dans ce domaine.
Dépôts de résolutions
Ils peuvent aussi s’efforcer d’obtenir directement des entreprises des informations ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance) concernant leurs activités. Ils peuvent aussi utiliser des droits d’actionnaire pour influencer les pratiques des entreprises et/ou dialoguer dans la durée avec le management sur des problématiques de développement durable. Certains actionnaires vont même, en cas de refus de l’entreprise, jusqu’au dépôt de résolution ce qui porte le débat devant l’assemblée générale de l’entreprise.
Les entreprises ont bien sur tendance à prendre en compte l’avis des actionnaires qui détiennent une part significative de leur capital. Ceci dit certaines thématiques (rémunération des dirigeants, risques environnementaux dans le secteur extractif) peuvent conduire de nombreux actionnaires à voter ensemble. Si les résolutions obtiennent des scores importants, cela témoigne de l’hostilité des actionnaires à certaines pratiques que du coup l’entreprise peut être amenée à changer.
Les ONG peuvent aussi utiliser le canal de l’actionnariat actif pour faire des campagnes auprès des entreprises avec le soutien de certains investisseurs. C’est le cas de Greenpeace dans le secteur pétrolier sur la question des sables bitumineux. Cela peut aussi être le cas d’Amnesty sur l’absence de respect des droits humains par des grandes entreprises.