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En 2012, le stade emblématique des Jeux olympiques de Londres sera paré d’un revêtement de 336 panneaux de 25 mètres de haut et 2,5 mètres de large signé Dow Chemical. Une visibilité exceptionnelle pour la multinationale de la chimie qui a récemment accédé au rang de partenaire officiel des JO pour une durée de 10 ans. Pourtant, si Dow et le Comité international olympique se félicitent du partenariat et de cette réalisation présentée comme répondant aux impératifs de « durabilité » des JO de Londres (avec moins de matériel, de lumière et d’émission de carbone qu’un revêtement conventionnel, selon Dow), ceux-ci provoquent l’indignation des victimes de Bhopal. Pour celles-ci en effet, le soutien financier de 11,4 millions de dollars accordé par Dow au comité olympique de Londres est à mettre en regard avec le refus de la société de payer des indemnités suffisantes aux victimes et la dépollution du site de Bhopal, pourtant demandé par la Haute Cour du Madhyar Pradesh, la région où se trouve l’usine. Depuis son rachat en 1999 d’Union Carbide -l’entreprise qui détenait l’usine lors de l’explosion de 1984- Dow Chemical a toujours expliqué qu’elle considérait l’affaire close par le versement des 470 millions de dollars versé par UC en 1989 aux victimes de la catastrophe. Mais pour les associations de victimes, 27 ans après l’accident, les conséquences de l’explosion se font encore sentir pour les 40 000 personnes qui habitent toujours autour du site et boivent l’eau contaminée par les déchets toxiques issus de l’explosion de la cuve de pesticide en 1984 (voir article lié). Le 25 juillet, des milliers de « survivants de Bhopal », comme ils se définissent eux-mêmes, défilaient d’ailleurs dans les rues pour demander au gouvernement de revoir le nombre de victimes à la hausse (5 295 selon le gouvernement, plus de 20 000 jusqu’en 2009 selon l’Indian Council of medical research). L'appel des associations de victimes à rompre le partenariat « Dow ternit l’image des Jeux Olympiques », clame donc l’organisation indienne « International Campaign for justice in Bhopal » sur son site internet. « Le comité international olympique ne pouvait pas choisir pire partenaire pour promouvoir ses valeurs », estime en effet cette coalition de 5 associations* qui réclame depuis des années des « condamnations exemplaires » pour les entreprises responsables de la catastrophe. A l’annonce du partenariat Dow Chemical/LOCOG (London Organising Committee of the Olympic and Paralympic Games), l’ICJB a donc interpellé par lettres le Premier ministre indien et le Comité olympique indien pour leur demander de dénoncer ce sponsoring. Un appel également lancé par l’ancien champion du monde de hockey originaire de Bhopal, Aslam Sher Khan, médaillé d’or en 1995. Et qui a été entendu par le président du comité olympique indien. VK Malhotra s’est en effet très vite ému de la situation : avant même la lettre de l’ICJB celui-ci s’était en effet exprimé devant une agence de presse indienne pour expliquer que ce partenariat avec « cette société responsable de la mort de tant de personnes et dont le cas est encore examiné par les tribunaux » était un « sujet de grande préoccupation » et que le « gouvernement devait avoir son mot à dire sur la question ». Mais jusqu’à ce jour, ce dernier ne s’est pas exprimé officiellement. En attendant, une pétition demandant le boycott des jeux en cas de maintien du partenariat aurait été lancée par les protestataires, selon le Financial Times. Une pression médiatique qui sera plus que nécessaire s’ils veulent convertir le président du Comité d’organisation anglais, Sebastian Coe qui, en juillet, s’était montré très enthousiaste sur ce revêtement de stade, le qualifiant de « cerise sur le gâteau ». * Bhopal Gas Peedit Mahila Stationary Karmarchari Sangh, Bhopal Gas Peedit mahila Purush Sangharsh Morcha, Bhopal Gas Peedit Nirashrit Pension Bhogi Sangharsh Morcha, Bhopal Group for information and action, Children against Dow Carbide.
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