Reporting extra-financier : plus d'informations et de transparence selon le baromètre Capitalcom

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Publié le 06-10-2011

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Capitalcom publie son 4ème baromètre annuel sur la communication des entreprises du CAC 40 relative à la RSE. L'étude révèle que la certification des données extra-financières est en hausse cette année, conformément aux modalités de l'article 225 du Grenelle. Par ailleurs plusieurs entreprises admettent « ne pas atteindre » les objectifs qu'elles s'étaient fixées en matière de RSE.

Le décret d’application de l’article 225 du Grenelle, toujours en attente de publication (voir articles liés), fait pourtant des émules. C’est une des conclusions de l’étude menée par le cabinet Capitalcom, qui évalue chaque année les informations et la transparence des entreprises du CAC 40 en matière de reporting extra-financier. En 2011, 35 sociétés du CAC 40 ont ainsi fait certifier ou auditer leurs indicateurs extra-financiers par des commissaires aux comptes ou un organisme tiers indépendant, contre 31 en 2010. Un progrès qui rejoint les exigences du Grenelle en la matière, puisque l'article 225 de la loi Grenelle II stipule que ces données « doivent faire l’objet d'une vérification par un organisme tiers indépendant, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat ».

Nombre d’indicateurs en hausse

Si le nombre d’indicateurs (essentiellement environnementaux) certifiés est en hausse, ils affichent en revanche un niveau de fiabilité « modéré ». Seules 6 entreprises peuvent se féliciter d’avoir des indicateurs avec un « niveau d’assurance raisonnable » (le plus élevé) : GDF, SUEZ Environnement, LVMH, Renault, France Telecom et Veolia Environnement. Globalement le nombre d’indicateurs renseignés par les entreprises est en hausse : de 7,4 en moyenne pour l’environnement en 2010, les entreprises sont passées à 9,7 en moyenne cette année. Les indicateurs sociaux sont passés de 5 à 7,3 en 2011. Concernant l’environnement, les objectifs les plus fréquemment cités sont la réduction des émissions de CO2 et la valorisation/recyclage des déchets ; côté social la mixité/diversité puis la sécurité/santé sont les plus répandus.

Enfin l’étude montre que la formalisation du reporting extra-financier  progresse, puisque 34 % des entreprises publient un document conforme à la Global Reporting Initiative (GRI) et que 15 d’entre elles publient leur « niveau d’application GRI ». Quatre affichent un niveau A+: France Telecom Orange, Lafarge, PSA Peugeot-Citroën et STMicroelectronics. Quant à l’intégration des données extra-financières dans les résultats financiers, on est encore très loin du compte. Peu d’entreprises en font état dans leur communication financière, en dehors de considérations environnementales pour les groupes les plus exposés. Et aucune d'entre elles n’a aujourd’hui démontré sa capacité à convaincre ses actionnaires de l’importance du non financier dans les résultats financiers…

Communication sur les objectifs RSE non atteints

Fait nouveau cette année, 12 entreprises dont Accor, ArcelorMittal, Crédit agricole, Danone, LVMH, Renault, Saint-Gobain, Schneider Electric et Vivendi  reconnaissent qu’elles n’atteindront pas les objectifs RSE qu’elles se sont fixées, dont la moitié concernent l’environnement. La crise économique est une raison avancée, mais également le manque de concertation avec les opérationnels ainsi que la définition d’objectifs trop ambitieux. Unibail explique ainsi que 8% de ses objectifs ne sont pas atteints en raison d’une forte ambition visant à mobiliser ses équipes. Au risque de ne pas atteindre 100% des objectifs.


S’agissant de la politique de rémunération des dirigeants et cadres, encore peu d’entreprises choisissent d’indexer une part significative des primes sur l’atteinte d’objectifs RSE.  En effet, 30 % des sociétés du CAC 40 indexent en moyenne 15 % de la rémunération variable des dirigeants sur des indicateurs extra-financiers. Deux groupes se distinguent en appliquant ces critères à un tiers de la rémunération variable (Danone et France Telecom Orange). Sur les 20 entreprises concernées, 5 appliquent ce système aux dirigeants et aux managers (France Telecom l’applique par exemple aux 800 premiers cadres du groupe). Air Liquide est par ailleurs le seul à combiner des critères environnementaux et sociaux dans l’attribution des bonus. Alors que la plupart privilégient un seul critère,  EDF a retenu 3 critères environnementaux : réduction des consommations électrique des sites, plans de déplacement d’entreprise et valorisation des déchets.

Enfin, un thème émerge cette année, en résonance avec les débats économiques et politiques actuels : le « partage de la valeur ajoutée ». 10 entreprises publient cette année des informations sur le sujet, pour montrer que l’intégralité des bénéfices ne sont pas intégralement distribués aux actionnaires mais aussi aux salariés, aux sous-traitants, aux collectivités ou au mécénat.

Véronique Smée
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