Le téléphone portable favorise le cancer selon l'OMS

Entreprises \Santé

Publié le 01-06-2011

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Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la santé) s'est prononcé à l'issue d'une réunion de 8 jours, qui avait pour but de définir les risques liés à l'exposition aux radiofréquences, notamment celles de la téléphonie mobile. Les experts concluent que l'usage du portable « peut être cancérogène pour l'homme ». Pour les entreprises de la téléphonie, le risque « n'est pas démontré ».

L'usage du téléphone portable favorise le développement du gliome, un cancer du cerveau. Telle est la conclusion des experts internationaux réunis à Lyon par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé comme "possible cancérigène" les ondes radio, dans la même catégorie que les vapeurs d'essence. "Les preuves, qui continuent à s'accumuler, sont assez fortes pour justifier" que  l'usage de ces appareils "peut être cancérogène pour l'homme", a indiqué à l'AFP Jonathan Samet président du groupe de travail réuni par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'OMS. Au cours de cette réunion de travail, les experts ont analysé toutes les études menées sur les impacts sanitaires des champs électromagnétiques de radiofréquence émises par les mobiles. Et notamment "des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé à l'usage du téléphone portable", a ajouté Jonathan Samet.

Echec du Grenelle des ondes

Le 28 mars 2011, l’association Robin des Toits a annoncé qu’elle se retirait à regret du dispositif du Grenelle des ondes : « Déni de risque, reniement de la loi, le Grenelle des Ondes est dévoyé »,  affirme son porte-parole, Etienne Cendrier. Selon l’association, le seul chantier qui ait abouti depuis 2009 est la mise en place d’une expérimentation de l’abaissement des seuils d’exposition aux antennes relais dans plusieurs villes pilotes. Robin des Toits dénonce l’inaction de l’Etat, soucieux de « ne pas froisser les opérateurs ». La dernière réunion du Grenelle des ondes « n'a été que la formalisation d'un discours d'impuissance et d'inaction." Gouvernement, opérateurs, associations et collectivités locales ont participé à ces travaux qui ont abouti à des "orientations" sans mesures concrètes.

 En mai 2010, le CIRC avait rendu publics les résultats de son enquête « Interphone », lancée 11 ans plus tôt et menée dans 13 pays*. Cette vaste étude épidémiologique, dont la méthodologie avait été critiquée, n’avait pas permis d’établir le lien entre cancer et téléphone mobile, mais sans conclure pour autant que ce risque n'existait pas. Les résultats faisaient par ailleurs état  d’un risque accru pour les plus gros utilisateurs de portable (+40% pour les gliomes et +15% pour les méningiomes), catégorie définie par «  30 minutes par jour pendant plus de 10 ans ».

" Mieux vaut tard que jamais"

Mais cette fois, les experts sont plus catégoriques. Le CIRC a établi un classement qui met en évidence la dangerosité des téléphones portables et qui prend en compte l’usage considérablement plus élevé du portable aujourd’hui. Les experts recommandent désormais de réduire fortement l'exposition aux ondes radio en diminuant les appels et en ayant recours aux SMS.  "Il vaut mieux tard que jamais" commente l'eurodéputée Michèle Rivasi (Europe Ecologie Les Verts) et fondactrice de la CRIIREM. Maintenant, cette reconnaissance doit rapidement être suivie d'effets, en particulier auprès des enfants et adolescents utilisant un mobile. Les gros consommateurs, les plus anciens aussi, sont aux avants postes du risque (…) A quant, comme pour les cigarettes, l'avertissement "une consommation importante nuit à la santé" sur les mobiles ?" 

Même réaction au sein de l’association Priartem (Pour une réglementation des implantations d’antennes relais de téléphonie mobile), qui voit une « étape extrêmement importante » dans le dossier « téléphonie mobile et santé ». "Une fois le risque reconnu, le problème devient essentiellement politique ", ajoute l'association. Priartem rappelle les actions demandées aux pouvoirs publics depuis plusieurs années : réduire les niveaux expositions tant pour les utilisateurs de portables que pour les riverains d’antennes ; réduire les sources d’exposition, en rappelant que les connexions filaires doivent être privilégiées chaque fois que cela est possible (utilisation du téléphone filaire à la maison ou sur les lieux de travail, connexion internet filaire avec facilité de désactivation du WiFi sur les box… ) et informer largement sur les risques, particluièrement pour les enfants.

"Le lien entre cancer et ondes radio n’est pas démontré"

Les opérateurs de téléphonie, eux, estiment que le risque cancérigène "n'est pas encore démontré". La Fédération Française des Télécoms a réagi dans un communiqué expliquant  que « les dangers liés aux ondes émises par leurs appareils "n’ont pas la même classification que, par exemple, l’alcool, le tabac et l’amiante", de catégorie 1 ni que le trichloréthylène et les fumées des moteurs diesel de catégorie 2A. L'évaluation du CIRC au niveau 2B indique que le lien entre cancer et ondes radio n’est pas démontré".

La Fédération Française des Télécoms souligne également que les opérateurs de téléphonie mobile appliquent le principe de précaution, « en incluant un kit oreillette dans chaque coffret de téléphone mobile ou en informant les utilisateurs sur les précautions d’usage ».

 

* Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Suède.

Véronique Smée
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