Apple : l'iCloud alimenté au charbon

Entreprises \Environnement \Emissions de gaz à effet de serre

Publié le 07-06-2011

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Steve Jobs a présenté le nouveau service de cloud computing d'Apple, qui permet de stocker des données en ligne sans les conserver sur son ordinateur. Ce procédé, également développé par Google ou Amazon, fait l'objet de vives critiques en raison de son bilan carbone élevé. Le rapport de Greenpeace « How dirty is your data » pointe du doigt Apple et Facebook, fortement consommateurs d'énergie fossile.

 Après les services lancés par Google et Amazon, la nouvelle offre « iCloud » permettra aux clients d’Apple de stocker leur musique sur internet et de l’écouter où qu’ils soient, sans avoir à la stocker sur leur ordinateur. Ces services de «cloud computing» (informatique en nuage) se développent également pour d’autres données (contenus, images, etc) et sont en passe de révolutionner leur utilisation ainsi que celle des logiciels informatiques. Une dématérialisation qui a cependant un coût énergétique et environnemental plus ou moins élevé selon les entreprises. A l’échelle mondiale, les data centers consomment 1,5 à 2% de la demande totale d’énergie, indique Greenpeace dans son rapport « How dirty is your data? » publié en avril dernier. Cette consommation représente jusqu’à 3% aux Etats-Unis et devrait augmenter de 12% par an selon l’ONG.

Dans ce rapport, Greenpeace dénonce le manque de transparence des entreprises du secteur sur l’alimentation énergétique de leurs data centers (y compris Google qui pourtant investit dans les énergies renouvelables), et dresse un classement selon leur empreinte carbone. Parmi les plus polluantes, Apple (qui obtient la plus mauvaise note) et Facebook sont montrées du doigt pour leur alimentation au charbon. Le centre Apple iData en Caroline du Nord consommerait 100 MW d’électricité, l’équivalent de 80.000 foyers américains. 95% de son alimentation électrique sera assuré par le charbon et le nucléaire. Quand à Facebook, le réseau social est dépendant du charbon pour 53% de sa consommation en électricité.

Yahoo bien noté

Yahoo arrive en tête du classement pour sa politique de mix énergétique : l’entreprise a  ouvert en septembre 2010 un data center près des chutes du Niagara, fonctionnant avec 30% d’électricité issue d’une centrale hydraulique.  Google arrive second grâce à ses investissements dans le secteur (voir article lié). Cependant si l’ONG salue cette politique, elle regrette le manque de transparence de Google, qui, pour des raisons de « concurrence », refuse de communiquer toute information sur la consommation énergétique de ses data centers, ni même leur nombre ! Google reconnaît publiquement l'existence de 7 centres, mais Greenpeace estime sa flotte à 20/30 centres, dont certains situés dans l'Oklahoma, les Carolines du Nord et du Sud, trois États connus pour leurs centrales électriques alimentées au charbon. Yahoo est en revanche plus transparent en donne la localisation de ses centres et s’engage par ailleurs à réduire son empreinte carbone de 40% d'ici 2014. 
Conscientes du problème, 200 entreprises du secteur ( dont Google et Facebook) ont lancé une initiative en 2007 pour mesurer et réduire la consommation d'énergie des data centers. Baptisée « Green Grid », ce consortium a développé un outil de mesure des consommations, le Carbon Usage Efficiency (CUE), dont une nouvelle version a été publiée le 17 mai dernier.

Véronique Smée
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