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Responsabilité sociale des entreprises \Enjeux sectoriels

Changement climatique : le secteur immobilier en première ligne

Le secteur immobilier est responsable de près du quart des émissions de gaz à effet de serre françaises, et d'environ 40% au niveau mondial. L'ensemble des acteurs de la filière sont concernés : Investisseurs, promoteurs, constructeurs et exploitants. L'enjeu est d'autant plus sensible que le parc immobilier a une inertie très importante (environ 1% de renouvellement par an). Pour atteindre les objectifs ambitieux du facteur 4 rappelés par le Grenelle de l'environnement, les acteurs doivent s'engager et conduire les ruptures financières, organisationnelles et technologiques nécessaire.

En France les bâtiments résidentiels et tertiaires consomment environ 40% de l’énergie finale, soit une augmentation de 24% sur les trente dernières années. L’immobilier, par sa consommation énergétique principalement, est également responsable d'environ 20 % des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) en France.
Au-delà des émissions de GES directement liées aux usages des bâtiments, s’ajoutent celles liées à l’entretien du bâtiment, au transport des usagers de l’immeuble qui dépendent directement de son emplacement, à sa construction et à la fabrication de ses matériaux, et enfin à sa destruction.

Lutte contre le changement climatique
Les leviers techniques pour minimiser les émissions de GES des bâtiments sont multiples : réduire, par une conception adéquate, les besoins en énergie, recourir à des sources d’énergie renouvelables, réduire l'énergie grise des bâtiments qui peut représenter jusqu'à quinze ans de consommations énergétiques dans des logements neufs ou encore optimiser le fonctionnement des appareils et sensibiliser les utilisateurs en fonction de leurs besoins réels.
Mais ces leviers techniques, existants, dépendent des capacités financières pour leur mise en oeuvre

Hausse des coûts de l'énergie, une opportunité environnementale et un défi social majeur
L'immobilier est le seul secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre capable de faire face à l'explosion des coûts de l'énergie. Réduire les consommations d'énergies et les émissions de GES est possible avec les technologies actuelles. Plusieurs projets sont en cours de bâtiments à énergie positive, c'est à dire produisant plus d'énergies qu'il n'en consomme. Cela signifie que ces bâtiments peuvent fonctionner avec une facture énergétique nulle. Au delà de la vitrine que constituent ces bâtiments neufs, plusieurs projets de rénovation permettant de limiter les consommations énergétiques de logements ou de bureaux anciens se sont avérées très concluantes, y compris dans le secteur du logement social. Un label certifiant l'atteinte d'un niveau « Basse Consommation – Effinergie » dans les logements anciens est au point et d'ores et déjà proposé sur certains types de bâtiments.

La hausse des prix de l'énergie est une immense opportunité d'action pour l'immobilier, car elle devrait permettre dans les prochaines années de réduire drastiquement les émissions de GES sans pour autant dépenser plus d'argent que si l'on ne les réduisait pas. Dans les années 80, au moment du premier choc pétrolier, des mécanismes financiers innovants de rénovation des bâtiments publics avaient été expérimentés avant d'être abandonnés suite à l'effondrement des cours du pétrole. Ce scénario ne se reproduira pas 30 ans plus tard et des mécanismes financiers innovant devraient à nouveau voir le jour.
En revanche, cette hausse des prix représente un défi social majeur pour une majorité des français. L'accompagnement des particuliers et des entreprises dans leurs efforts de rénovation sera donc un point critique de la politique économique et sociale des prochaines décennies. La rénovation de l'ensemble du parc de logements va prendre du temps et devoir mobiliser beaucoup de main d'oeuvre formée à des techniques nouvelles alors même que le secteur de la construction souffre de difficultés chroniques de recrutement en France sur des métiers souvent pénibles et mal valorisés socialement.
Le nouveau prêt à taux zéro est un début de réponse qui devrait stimuler les travaux de rénovation des particuliers et donc inciter les professionnels à se former pour répondre à la demande.

Thomas Sanchez
Mis en ligne le : 10/09/2008
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