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Lueurs d'espoir en mer Baltique

Planète \Ressources naturelles \Pêche

Publié le 07-09-2009



L'état de la mer Baltique, l'une des mers plus polluées au monde, serait-il enfin en voie d'amélioration ? C'est l'impression qui ressort de l'analyse rendue publique début septembre par la section suédoise du WWF, qui s'inquiète depuis longtemps de sa santé.

« Nous voyons des signes positifs comme le retour de la morue ou, pour la première fois depuis des décennies, la diminution des rejets de phosphates », déclare Lasse Gustafsson, secrétaire général du WWF Suède. Mais rien qui permette cependant de crier victoire. Dans son rapport publié début septembre 2009, qui s’intéresse à la gestion maritime de la Baltique, le WWF note que l’Allemagne, tout en ayant encore beaucoup à faire dans les domaines de la protection de la nature ou de la pêche, est le pays le mieux noté. Les Allemands sont très avance sur la planification pratique des zones maritimes, qu’il s’agisse de désigner des zones pour les éoliennes off-shore, les routes maritimes ou les tracés de câbles sous-marins. « Imaginez-vous construire une maison au beau milieu d’une route ? Non, constate Lasse Gustafsson. Et c’est pourtant ce qui se fait tous les jours en mer car il n’y a pas de planification dans la plupart des pays de la Baltique ». Et de fait, outre le manque de coordination et plus généralement de volonté politique, le constat demeure bien sombre.

Selon des analyses réalisées ces dernières années, environ un tiers du fond de la mer Baltique est mort. La Baltique, dont les eaux se renouvellent très rarement, souffre d’eutrophisation, une forme de pollution qui intervient lorsque la mer a reçu trop de matières nutritives. Ces nutriments, en l’occurrence du phosphore et de l’azote, présents dans la nature, mais aussi dans de nombreux engrais, détergents et insecticides, sont assimilables par les algues qui prolifèrent alors. L’une des conséquences de ce phénomène observé de plus en plus souvent l’été est l’appauvrissement en oxygène des couches d’eaux profondes.

Nouvelle donne

La circulation de navires y est l’une des plus intenses au monde – 2000 navires s’y croisent chaque jour, représentant environ 15% de la navigation maritime mondiale - et certaines espèces de poissons qui y sont pêchées, comme le hareng ou le saumon, sont interdites d’exportation dans l’Union Européenne à cause de leur trop haute teneur en dioxine. En dépit de la mobilisation interrégionale entamée dès les années 1970, notamment à travers Helcom, la Commission d’Helsinki pour la protection de la mer Baltique, et les milliards d’euros déjà dépensés pour tenter de l’assainir, les résultats étaient restés insignifiants en dehors de quelques zones côtières polonaises et baltes. Jusqu’à présent, Helcom, la Commission d’Helsinki, avait indéniablement l’expertise et l’autorité les mieux reconnues de la région. Mais ses multiples recommandations n’ont jamais été contraignantes.

L’adhésion depuis 2004 des pays baltes et de la Pologne commence toutefois à changer la donne. Désormais, 8 des 9 pays riverains de la Baltique sont membres de l’UE. Depuis la signature en 2007 par Helcom du Plan d'action pour la mer Baltique, l'état de l'écosystème de la région s'était légèrement amélioré. En mai dernier, ce sont les Finlandais qui ont apporté leur pierre à l’édifice en annonçant la tenue en 2010 du Sommet d’action de la mer Baltique, regroupant des acteurs publics et privés susceptibles de s’engager dans la réalisation des objectifs du Plan d’action d’Helcom.

Cette dynamique est maintenant confortée par le nouvel engagement de l’UE. L’Union a présenté au printemps dernier sa stratégie pour la mer Baltique. Elle devrait être adoptée fin octobre lors du sommet de Bruxelles. « Non seulement les huit pays riverains de la Baltique et membres de l’UE sont enthousiastes, mais le soutien vient aussi des autres pays membres car ils voient que c’est une stratégie qui ne crée aucune nouvelle bureaucratie et qui va favoriser l’intégration européenne, a souligné Cecilia Malmström, ministre suédoise des affaires européennes. Et ça ne coûtera pas plus cher. Nous utiliserons des ressources qui existent déjà mais d’une manière plus intelligente ». Car l’argent est là, insiste le WWF, notant que les subventions de l’UE à l’agriculture contribuent largement à polluer la mer Baltique et qu’elles pourraient être bien mieux employées autrement.

Olivier Truc à Stockholm (Suède)
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