|
Le comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid), attendu le 21 juillet, a été reporté à l'automne. Comment analysez-vous ce report ?
| Les crédits des associations écologistes rétablis |
| Après avoir lancé une campagne sur le gel de leurs crédits, les associations de défense de l'environnement, avec le soutien de Nicolas Hulot, ont vu leurs crédits rétablis pour 2003. La ministre de l'écologie Roselyne Bachelot a confirmé que " les problèmes financiers des associations n'étaient plus de saison", mais "qu'il reste des points en suspens sur les emplois, sur la façon dont nous allons travailler ensemble, sur la fiscalité des associations". Par ailleurs, le 1er ministre, qui a reçu les associations à cette occasion, leur a demandé de "diversifier leur financement et rechercher des sources privées". |
C'est une mauvaise nouvelle. Le Cicid a été reporté selon nous pour éviter au gouvernement de donner des perspectives trop négatives aux ONG et aux associations qui agissent dans le domaine de la coopération et de l'action humanitaire. Le gel budgétaire de 2003 conduit d'ores et déjà certaines ONG à stopper leurs projets en cours, car elles ne disposent pas de fonds suffisants pour continuer. D'autres essaient de trouver de nouvelles sources de financement pour la période 2003/2004. Ce gel des crédits, associé à un mauvais climat ambiant, enraye la dynamique du secteur. Les contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés et certaines associations réduisent leurs effectifs de moitié. C'est une période noire pour les petites et moyennes associations, qui n'ont pas accès à d'autres bailleurs de fonds que l'Etat. Avez-vous une visibilité pour les années suivantes ? Le ministre nous a prévenu qu'il n'y aurait pas d'amélioration avant 2005. Pourtant, la France est déjà très en retard sur les partenariats et la solidarité internationale (La France se situe en dernière position européenne pour la part d'Aide pour le Développement mise en œuvre par les ONG : 0,65% de l'APD française, contre une moyenne de 5,1% pour les Etats de l'Union européenne, ndlr). L'Etat cherche à faire des économies. Une des possibilités budgétaires consiste à réduire les subventions aux associations, et notamment celles qui développent des projets avec les pays du Sud. La seule bonne nouvelle que l'on peut attendre, c'est le dégel des fonds sociaux prioritaires, qui sont notamment destinés au commerce équitable, considéré comme un axe stratégique pour le gouvernement. Comment les ONG vont-t-elles s'organiser ? C'est la première fois que les OSI doivent faire face à un tel gel de leurs crédits. Nous sommes en dessous des ralentissements que nous avons pu connaître par le passé. A cela s'ajoute la suppression des emplois jeunes, qui représentent 7% du personnel des ONG, dont le plus fort impact se fera sentir en 2003/ 2004. Ces emplois ne seront pas remplacés, contrairement à ce que les pouvoirs publics ont pu nous dire. Les ONG ont intérêt à diversifier leurs sources de financement. C'est ce que fait déjà la Coordination Sud, avec 1/3 de financement assuré par les cotisations, 1/3 par les pouvoirs publics, et 1/3 par des fonds privés. Les ONG françaises doivent donc chercher d'autres bailleurs de fonds, notamment à l'étranger. Aux Etats-Unis, par exemple, l'USAID, qui est une agence indépendante de coopération, confie 30% de son budget aux ONG, qui sont les maîtres d'ouvrage des projets. Les relations sont professionnelles, ce qui n'est pas encore le cas en France, où les ONG ne sont pas toujours bien considérées par les pouvoirs publics.
|