Opération campus vert à Rouen

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Mobilisation étudiante pour une meilleure efficacité énergétique

L'opération Campus Vert vise à transformer les universités en modèles de bonne gestion énergétique. En France, dix campus pilotes seront bientôt sélectionnés dans le cadre de la campagne Solar Génération. Il s'agit d'une campagne internationale de sensibilisation des étudiants aux énergies renouvelables lancée par Greenpeace. Elle a débuté, en 2003, en Allemagne et en Suisse et a été relayée depuis en Californie, aux Philippines, en Inde, en Chine ou aux Pays-Bas.

"Un campus vert est un campus dont l'impact sur le climat est réduit au minimum" explique Laetitia de Marez, responsable chez Greenpeace France de la campagne climat. Cela passe par la conformité des bâtiments à la norme HQE, le recours à l’éolien ou à la cogénération, au tri sélectif, au papier recyclé, ainsi que la promotion de gestes individuels comme éteindre les lumières d’un amphi ou éviter les gobelets jetables. La démarche Campus Vert s’appuie sur des relais étudiants. Contrairement au programme photovoltaïque Universol, financé par la Commission Européenne et achevé en 2004, " ce sont les étudiants qui se mobilisent et créent la demande, en exerçant une pression, soit auprès de leur directeur d’école soit auprès de leur président d’université" poursuit Laetitia de Marez.

Entre avril et mai 2004, le tour de France du bar « Solar Génération » - buvette gratuite, alimentée par photovoltaïque et baptisée "le soleil paye sa tournée" pour souligner la gratuité de l'énergie solaire  - a constitué une première étape de sensibilisation. Elle a permis à de nombreux étudiants de voir, de toucher, des panneaux solaires pour la première fois. "Cela nous a aussi permis de découvrir que l'on pouvait répondre à des questions sérieuses, très concrètes, dans un cadre convivial et festif, en buvant un café ou un jus de fruit," reconnaît la chargée de campagne.

Un atout pour les étudiants

Que les propositions portent sur la maîtrise et l’efficacité énergétique ou la mise en place d’énergies renouvelables, dans les établissements, les réponses données aux étudiants sont souvent positives. Sur le campus du Mont Saint-Aignan, à Rouen, l’installation, en avril 2005, d’une ferme éolienne s’est déroulée en présence du président de l’Université. A Rennes, l’association Ar Vuez, après une première rencontre avec la direction du site de Beaulieu, est désormais en relation avec les responsables eau, électricité et chauffage du service technique immobilier (STI). "Nous n’allons pas seulement visiter les sites," témoigne Gabriel Tardieu, "nous avons aussi accès aux documents". De quoi réaliser un audit énergétique complet.

"Dans les écoles d'ingénieurs, il y a moins de contraintes budgétaires. Ce sont l’innovation, les nouvelles technologies qui priment," poursuit Laetitia de Marez. "Dans les facultés, l'argument économique est mis en avant." De plus, beaucoup de projets se retrouvent inclus dans l'enseignement, sous la forme de travaux pratiques ou de projets d'études, supervisés par un professeur. Le temps bénévole passé par l'étudiant peut ainsi devenir un atout sur un CV.

Expositions, jeux-concours, théâtres de rue… les associations ont imaginé de nouveaux moyens, peu coûteux, pour faire passer leur message. "A Rouen", se souvient Laetitia de Marez, « les étudiants ont organisé une "tombola verte" où l'on pouvait gagner un VTT comme premier prix, mais aussi des ampoules basse consommation ou des tickets de métro. Dans une autre université, pour augmenter la fréquentation des expositions, des quizz étaient distribués aux visiteurs, avec des lots à gagner." Sur les campus australiens ou californiens, l’action a pris la forme civique d’un référendum étudiant.

Mi-décembre 2005, dix sites "pilotes" vont être sélectionnés parmi les dossiers de candidature envoyés par les campus français. Cette avant-garde étudiante bénéficiera d'un suivi et d'un soutien privilégié. Elle consistera à "les faire profiter du maximum de moyens, matériels et équipements conçus pour cette campagne. D’autres seront fabriqués à la demande. En effet, selon la stratégie adoptée, les outils ne fonctionnent pas de la même façon. Greenpeace assurera aussi le rôle de "courroie de transmission" afin d'appuyer les projets des étudiants auprès des élus locaux ou d'institutionnels comme l'Ademe. Des rendez-vous réguliers seront de plus programmés toutes les six semaines, afin de favoriser l'échange d'expériences, les bonnes pratiques entre campus lauréats. Le premier prévu est un séminaire "d’intégration" des 10 représentants étudiants, organisé fin janvier 2006.

Maxence Layet
Mis en ligne le : 25/11/2005
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