Jamais les candidats à une élection présidentielle n’avaient été autant interpellés sur les questions écologiques. Depuis le début de la campagne, cette pression inédite s’effectue par différents moyens : l’interpellation médiatique des candidats (Nicolas Hulot), l’analyse et la notation de leurs programmes (l’Alliance pour la Planète) ou encore l’action concrète (Greenpeace occupant la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire ou déversant huit tonnes de maïs transgénique devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy …). Pour autant, l’écologie n’a pas constitué une question majeure chez les candidats. Nicolas Hulot n’a pu, d’ailleurs, que constater le désengagement qui a suivi la signature de son pacte par les principaux candidats, le 31 janvier 2007. "La gravité de la crise écologique n'a pas percuté le logiciel des principaux candidats", a-t-il récemment regretté dans une tribune publiée par le Monde. Observant que les candidats n’ont pas fait de l’écologie la priorité qu’il demandait –et qu’ils avaient promise-, l’animateur a organisé, dimanche 1er avril, une réunion publique au Zénith, à laquelle a succédé une manifestation au Trocadéro avec les ONG de l’Alliance pour la Planète. De façon surprenante, les élections présidentielles ont été peu évoquées au Zénith, où Nicolas Hulot a consacré, devant 5000 personnes, un long discours à la défense du développement durable. Loin des déclarations qu’il avait faites les semaines précédentes, il a employé un ton plutôt confiant s’agissant des candidats. « Il y a eu de la part des candidats un engagement lourd, a-t-il affirmé. Nous avons réussi à ancrer l’écologie au cœur de la Nation. Il faut les encourager », a-t-il ajouté. Persuadé que le Pacte écologique et ses 700 000 signataires ont réussi à « opérer une première rupture avec le pessimisme», Nicolas Hulot a estimé devant un public enthousiaste, que ses sympathisants ont « donné une direction, et impulsé une dynamique ». Un enthousiasme qui s’est également exprimé lors de la manifestation au Trocadéro, où plusieurs milliers de personnes s’étaient réunies.
3 candidats en progrès selon l’Alliance
Si à l’approche du scrutin, des sujets tels que la taxe carbone,
| Les candidats au banc d’essai |
Autre notation, celle d’Isabelle Delannoy , auteur du livre « Environnement, les candidats au banc d’essai »* . Cette journaliste a évalué les propositions des candidats sur 23 critères environnementaux et les a noté de 1 à 4 . Comme pour l’Alliance, Dominique Voynet et Ségolène Royal sont les mieux notées, avec respectivement 3,76/4 et 3,19 /4. Viennent ensuite Olivier Besancenot (2,95/4) et Philippe de Villiers (2,33/4), puis François Bayrou (1,76/4), Jean-Marie Le Pen (1,33/4) et Nicolas Sarkozy (1,19/4). José Bové, Frédéric Nihous, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller et Alain Schivardi n'ont pas répondu au questionnaire ou n'étaient pas candidats au moment de l'enquête. * Editions La Martinière, mars 2007 |
les énergies renouvelables ou les OGM font peu débat, la dernière évaluation de l’Alliance pour la planète enregistre malgré tout de nets progrès chez Ségolène Royal, François Bayrou et Olivier Besancenot. Dominique Voynet reste en tête avec une note de 17,5/20, suivi par José Bové (16/20) et…Ségolène Royal, qui avec 16/20 fait opérer à la gauche un bond considérable. Le parti socialiste était en effet noté 6,5/20 lorsque l’Alliance avait évalué l’action des partis au gouvernement. François Bayrou, qui bénéficie désormais de l’appui de Corinne Lepage, enregistre également une bonne progression : alors que l’UDF était notée 5/20 en décembre 2006, le candidat obtient le score de 13/20. Enfin, Olivier Besancenot fait passer la LCR de 8 à 13,5. « La plupart des mesures de l’Alliance pour la planète ne sont pas traitées par le programme de la Ligue communiste révolutionnaire. Olivier Besancenot s’est cependant exprimé sur deux grands thèmes qui traversent aujourd’hui toute la société, le nucléaire et les OGM, deux sujets qui contribuent à le distinguer », justifie l’Alliance. Marie-Georges Buffet et le Parti communiste plafonnent en revanche à 9,5. Egalement en dessous de la moyenne, Nicolas Sarkozy n’a manifestement pas su améliorer sa note, puisqu’il stagne à 8, 5. Le fait qu’il ait signé le pacte de Nicolas Hulot n’a pas d’incidence sur la notation de l’Alliance, qui souligne que son système de notation est établi sur la base de ses propres critères et non d'après le Pacte écologique. Toutefois, le candidat de l’UMP s’est prononcé, depuis cette dernière notation, pour un « Grenelle de l’environnement » avec les ONG « dès le lendemain de la présidentielle », ce qui pourrait relever sa note…même si les ONG ont souligné les « divergences » qui les opposent au candidat. Enfin, Philippe de Villiers se maintient à 7/20, tandis qu’Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen obtiennent la même –faible- progression, en passant de 5 à 6/20, note également obtenue par Frédéric Nihous.« Seuls Ségolène Royal, Olivier Besancenot et François Bayrou ont sensiblement amélioré leur note par rapport à celle du 26 février. Les autres candidats ont très peu fait évoluer leur programme » souligne Serge Orru, directeur du WWF. Actualité oblige, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont ces derniers jours évoqué à nouveau la question écologique, la candidate socialiste s'étant présentée comme "la vraie candidate de l'écologie", tandis que Nicolas Sarkozy a précisé qu'en cas de victoire, il appliquerait "scrupuleusement le Pacte écologique de Nicolas Hulot".
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