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Planète \ONG \CampagnesL'UFC-Que Choisir demande une taxe sur les bénéfices de TotalAlors que le groupe pétrolier a annoncé des bénéfices record pour 2005, qui s'élèvent à 12 milliards d'euros, l'association de consommateurs exige la mise en place d'une taxe exceptionnelle de 5 milliards d'euros sur les revenus pétroliers, afin de compenser la hausse du prix du carburant.
Le groupe Total a annoncé aujourd’hui des bénéfices spectaculaires, qui s’élèvent pour 2005 à 12 milliards d’euros, contre une moyenne annuelle de 5 à 6 milliards jusqu’ici. Pour l’UFC-Que Choisir, la constitution de ces bénéfices exceptionnels provient toutefois d’un modèle économique « singulier ». « Les groupes pétroliers alignent leurs marges sur le niveau du cours du baril brut, explique l’association. Dès lors, la flambée du pétrole entraîne mécaniquement une explosion des profits des groupes pétroliers ». En France, l’absence de concurrence dans le secteur permet en outre à Total de se constituer une « rente historique » au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs. « Ces bénéfices résultent d’une ponction opérée sur les ménages, qui se trouvent dans une situation de dépendance face au carburant (…) En 2005, le surcoût subi par les ménages a été de 200 euros, multiplié par les 24 millions de foyers, on arrive à la somme de 4,8 milliards d’euros », souligne Alain Bazot, président de l’association. Pour étayer sa campagne, l’UFC-Que choisir a analysé les comptes de Total sur deux aspects : les mécanismes qui ont permis l’explosion des bénéfices du groupe et l’utilisation de ces « surprofits », en hausse de 39% depuis un an. « En indexant les profits sur la hausse du prix du baril, l’augmentation se fait de manière mécanique, explique un économiste de l’association de consommateurs. Les pétroliers n’ont pas augmenté leur taux de marge, mais l’ont seulement maintenu en l’exerçant sur la base du cours du baril, qui s’est démultiplié ». A ce mécanisme qualifié d’ « artificiel » par l’UFC Que Choisir, s’ajoute une autre opération financière : celle du rachat de ses actions par le groupe lui-même, à hauteur de 3 milliards d’euros. Un procédé qui lui permet de soutenir le cours de l’action au jour le jour et d’accroître sa valorisation boursière. Entre 2000 et 2004, le dividende net par action a ainsi augmenté de 64%. « Les bénéfices sont exploités exclusivement au profit des actionnaires », explique Alain Bazot. Selon l’association, si cette pratique, autorisée en France depuis 1998, est assez répandue parmi les entreprises du CAC 40, Total serait le plus grand « racheteur d’actions » sur la place de Paris... « 1% des bénéfices pour l’investissement dans les énergies renouvelables » Autre argument développé par cette campagne, menée auprès de l’opinion publique et des responsables politiques : alors que la situation énergétique est de plus en plus alarmante, Total ne réinvestit pas ses bénéfices dans la recherche de solutions alternatives au pétrole. « Le groupe annonce des projets mais ne donne aucun chiffre sur ses investissements réels dans le développement durable et les énergies renouvelables, explique Alain Bazot. La seule donnée sérieuse qu’il fournit, ce sont les 100 millions d’euros octroyés par an, à partir de 2010, au secteur des énergies alternatives. Mais ce chiffre ne représente qu’1% de ses profits en 2005 ! ». Ce manque de transparence renforce l’exigence de « justice économique » demandée par l’UFC. « Il ne faut pas laisser à une entreprise les profits extorqués aux consommateurs sans aucune légitimité, s’indigne Alain Bazot. La taxe que nous demandons permettrait d’affecter de nouveaux budgets au secteur des transports collectifs et de fournir une véritable alternative à la voiture individuelle », ajoute-t-il. L’UFC fait deux propositions pour que cette taxe de 5 milliards d’euros soit « redistribuée au profit du consommateur et de la promotion du développement durable ». La 1ère concerne la dépendance au pétrole, avec un investissement de 3,7 milliards d’euros consacré au réseau de transport collectif, la seconde demande d’accorder un mois de gratuité des transports collectifs (soit 1,3 milliard) partout en France, afin d’amortir la hausse de l’essence supportée en 2005 par les consommateurs. Si les chances de parvenir à un tel résultat sont plutôt minces, le principe d’instaurer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices pétroliers a été en revanche déjà adopté par la Grande-Bretagne, qui a doublé la taxation des profits pétroliers en Mer du Nord. Le ministre des finances britannique a justifié cette mesure en estimant « que la balance doit être rééquilibrée entre les consommateurs qui payent pour l’essence ou le chauffage et les producteurs ». Aux Etats-Unis, le Sénat envisage une mesure similaire, avec l’instauration d’une taxe sur les compagnies permettant de dégager environ 5 milliards de dollars.
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