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Ecologie : les ONG notent les gouvernements

L'Alliance pour la planète, qui rassemble les ONG françaises, a étudié l'action des parlementaires et des gouvernements durant la période 1997-2006 sur les questions environnementales. L'Alliance évalue les politiques menées au regard de 24 mesures proposées par les ONG pour la prochaine mandature et invite, elle aussi, les candidats à se positionner sur ce programme.

Vaste, l’étude de l’Alliance s’est appuyée sur la consultation de textes législatifs et réglementaires ainsi que sur les positions prises par les différents partis au cours de la période 1997 – 2006. Les informations recueillies ont été ensuite comparées aux 24 mesures que propose l’Alliance pour la planète et sur lesquelles elle jugera ensuite les candidats. Réparties en 4 thèmes - Climat : urgence, Stopper les destructions, Produire sans nuire, Solidaire, responsable et citoyen- ces propositions concernent toutes les questions environnementales, certaines étant applicables « immédiatement ». « Ces mesures ont été pensées pour l’avenir, pour réorienter les politiques publiques vers la priorité environnementale. En toute logique, elles ne trouvent que partiellement leur traduction dans les travaux parlementaires et les actions des gouvernements depuis 1997 », reconnaissent les ONG. L’évaluation a été réalisée sur la base de quatre tendances : la position du parti est soit contraire à celle de

Les candidats qui ont signé le pacte écologique de Nicolas Hulot
 Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il allait signer le pacte dans les prochains jours et qu’il « ferait alors connaître ses propositions en matière de développement durable ».  Ségolène Royal a également assuré qu'elle le signerait en précisant qu’elle allait "intégrer" les cinq points du pacte à son programme, mais en refusant l’idée d’une taxe carbone, jugée trop pénalisante, et en prenant des distances sur la création d’un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable. Aujourd’hui les candidats signataires sont François Bayrou (UDF) Corinne Lepage (CAP 21), Marie-Georges Buffet (PC), Nicolas Dupont-Aignan (UMP), France Gamerre (Génération Ecologie), Jean-Marc Governatori (La France en action), Rachid Nekkaz (Club des élus Allez France), Laila Bouachera (indépendante), Dominique Voynet (Verts).
l’Alliance pour la planète, soit est indéterminée ou en attente ou encore non significative, soit elle constitue une ouverture et prend la direction souhaitée par l’Alliance pour la planète, soit enfin, elle correspond exactement à la demande de l’Alliance pour la planète.

De 11 à 4,5 sur 20

Le classement obtenu apporte au final peu de surprises, mais il a le mérite de confirmer ce qui pouvait être pressenti. Les Verts arrivent en tête, mais avec une note de 11/20 seulement. Sur certaines questions, l’Alliance estime en effet que « leurs interventions en tant qu’élus parlementaires ou ministres ne sont pas suffisamment significatives pour en apprécier la réalité ». En revanche, les ONG saluent concernant la construction des autoroutes, leur « opposition constante à ce type d’infrastructures » ainsi que leur opposition au nucléaire.
Classé en 2ème position, le PS obtient le faible score de 6,5/20, en raison de son inaction, voire de sa contribution à des politiques qui ont eu un impact négatif sur l’environnement. « La dégradation des milieux naturels, et ses conséquences sur la santé, a aussi été le fait de l’ensemble des politiques d’aménagement et des choix industriels et agricoles faits depuis des années et que le PS, au gouvernement comme au Parlement, n’a pas cherché à enrayer », souligne ainsi l’Alliance. Par ailleurs, concernant le volet Solidaire et citoyen, les ONG estiment que l’aide aux pays les plus pauvres « n’a pas été une priorité du PS ». Le PC, qui obtient 5,5/20 est épinglé pour son soutien « prononcé » à la construction de l’EPR. Il n’a pas agi sur les questions de l’incinération, de la loi NRE sur la responsabilité sociale des entreprises, ni sur la situation des pays pauvres de manière significative. Plus mal noté encore, l’UDF obtient 5,20/20. Le parti centriste « paie cher sa participation au gouvernement, quand Gilles de Robien, ministre des transports, porte le programme massif de relance de la construction d’autoroute et les réductions drastiques dès 2003 des crédits transports en commun », explique l’Alliance. Par ailleurs, l’UDF n’a pas non plus soutenu la loi NRE de 2001 et « ne s’est pas élevé contre l’incinération ». Enfin, l’UMP arrive en fin de classement avec 4,5/20. Son soutien aux OGM explique notamment ce très faible score, ainsi que ses choix pour l’incinération des déchets. Par ailleurs, l’amendement anti-éolien présenté par un député UMP (mais non adopté) a « envoyé un signal particulièrement négatif ».

Avec cette initiative inédite, les ONG ont franchi un pas notable dans leur implication politique. A la suite du « pacte écologique » lancé par Nicolas Hulot le mois dernier et signé par 9 des candidats à l’élection présidentielle, l’Alliance entend bien peser dans le débat et invite, à son tour, les candidats à se prononcer sur ses 24 mesures début février. Membre de l’Alliance, Nicolas Hulot a fait savoir qu’il soutenait son action, jugée « complémentaire » à la sienne. Enfin, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), présidée par Alain Bougrain-Dubourg, vient également de lancer un « manifeste » contenant 20 propositions, sur lesquelles elle demande à chaque candidat de se prononcer.

Véronique Smée
Mis en ligne le : 14/12/2006
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