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Travail forcé, horaires abusifs, faible rémunération (salaire minimum : 50 euros par mois), interdiction des syndicats : les conditions de travail en Chine sont désormais largement connues. Dénoncées par des campagnes internationales depuis plusieurs années, elles font de plus en plus l'objet d'audits sociaux par les grandes entreprises, qui, pour la plupart, ont mis en œuvre un " code de conduite " pour leurs fournisseurs. Ces codes reprennent généralement les grands principes établis par l'Organisation Internationale du Travail, mais leur application reste complexe, dans la mesure où les seuls moyens de contrôle sont des audits qui demeurent des opérations ponctuelles et facilement contournables par les directeurs d'usines. Aléatoires quand à leurs résultats, ces derniers restent bien souvent une photographie à l'instant " T " qui ne reflète pas la réalité vécue par les employés des usines... Ainsi, s'agissant du travail des enfants, les auditeurs admettent qu'il se peut très bien qu'ils ne le voient pas alors qu'il existe. Prévenus de leur visite, soit par l'entreprise elle-même, soit par le bouche à oreille, les directeurs d'usines les font disparaître lorsque un auditeur arrive. De même, les pratiques discriminatoires, les mauvais traitements ou le harcèlement restent difficiles à déceler et, qui plus est, à prouver. La double comptabilité des horaires -officielle et officieuse- est également une pratique courante pour tromper les contrôleurs. Plaintes relayées par les ONG L'absence de syndicats (toujours interdits) et l'aspect aléatoire de ces audits ont amené les ONG internationales à surveiller de près les conditions de travail dans les " sweatshop ". La " Clean clothes campaign " -qui fédère plusieurs grandes ONG- ne s'est d'ailleurs pas seulement contentée de procéder à des audits, elle a également privilégié deux axes essentiels pour les employés. L'information sur leurs droits, d'une part, et surtout, la mise en place d'un système de plaintes et de réclamations auprès de l'entreprise cliente, court-circuitant le filtre du sous-traitant. Une initiative qui, de plus en plus, porte ses fruits, comme l'a montré récemment l'affaire Wal-Mart. Le leader américain de la grande distribution vient en effet d'être poursuivi en justice par l'International Labor Rights Fund (ILFR), un syndicat basé à Washington, qui a relayé une plainte déposée par des employés travaillant pour des sous-traitants du groupe en Chine, au Bangladesh, en Indonésie, au Nicaragua et au Swaziland. Ils accusent Wal-Mart d'autoriser ses fournisseurs à utiliser des " méthodes sociales indignes : travailler un nombre d'heures excessif, sept jours sur sept sans aucun jour de congé, avoir des salaires inférieurs au minimum légal, travailler dans des conditions préjudiciables à leur santé et à leur sécurité et voir leurs tentatives pour former un syndicat contrées". Par ailleurs, Wal-Mart est accusé d'avoir menti au public américain en publiant un code de conduite qu'il ne respecte pas. " Selon les obligations définies dans les marchés de fourniture, et conformément aux promesses faites aux consommateurs aux États-Unis et en Californie, Wal-Mart s'est engagé à surveiller les usines de ses fournisseurs pour s'assurer de leur soumission au code de conduite", indique la plainte, faisant référence au code créé en 1992.
Multiplication des mouvements sociaux
L'activisme mené depuis plusieurs années par les ONG en Chine fait, de toute évidence, évoluer la situation. Basée à Hong Kong, le China Labor Watch surveille de près les conditions de travail et les horaires infligés aux employés. Ce centre d'information et d'action sur les droits sociaux en Chine a rendu public, le 18 août dernier, un rapport sur les conditions de travail des ouvriers dans les imprimeries Disney, avec une campagne de courriers. Ces révélations ont été relayées, images à l'appui, par le National Labor Committee (NLC). Des activistes hongkongais ont en effet réussi à tourner en secret un film sur l'imprimerie Disney, montrant des ouvriers blessés, travaillant dans des conditions déplorables. Le film a été présenté à la presse américaine, peu de temps avant l'ouverture du parc Disneyland de Hongkong ... Par ailleurs, selon le China Labour Watch, les mouvements sociaux, bien que très risqués, se multiplient actuellement en Chine. Les ouvriers démissionnent de plus en plus, provoquant un turn-over qui met en difficulté l'entreprise. Une manière, en l'absence de syndicat, d'exprimer leur mécontentement et de bloquer, au moins momentanément, la production...L'ONG a recensé pas moins de 57 000 mouvements de protestation en 2004, auxquels ont participé 3 millions de travailleurs.
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