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Depuis deux ans, l’Afghanistan conduit, avec le soutien de la communauté internationale, une politique de reconstruction, qui s’appuie sur des réformes structurelles et des projets de relance des secteurs clés du pays. Eprouvée par des années de guerre, la filière du coton fait l’objet d’un projet de développement des zones rurales, soutenu par l’AFD à hauteur de 10 millions d’euros. Objectif : permettre à la population d’obtenir des revenus satisfaisants et faciliter son désendettement. Le projet est conduit par l’entreprise française Dagris et se situe dans des régions montagneuses, au sein d’une vallée alimentée en eau par la fonte des neiges. Une donnée environnementale importante pour une culture habituellement très consommatrice d’eau. « L’eau est retenue par des canaux d’irrigation, elle n’est donc pas prélevée dans une nappe phréatique, précise Jean-Marc Gravellini, directeur du développement rural à l’AFD. Le projet reprend un système d’irrigation ancestral, dont l’apparition date d’il y a 3000 ans. Ce système a toujours été entretenu par les villageois, il est ancien mais il fonctionne ». De faibles quantités de produits chimiques seront utilisées, en raison de la richesse des terres et surtout du climat, peu propice aux attaques d’insectes. Les engrais chimiques et les pesticides seront utilisés sur 15% de la surface agricole totale, les produits classés dangereux par l’OMS et non-conformes aux normes environnementales internationales –souvent très utilisés dans les pays en développement- ayant été interdits pour ce projet. Volonté du gouvernement Plus rémunérateur que la culture du blé et d’autres céréales cultivées dans cette région , cette filière coton repose aujourd’hui sur 5000 exploitations agricoles et devrait, à l’horizon 2010, concerner 18500 exploitants, qui feront vivre 650 000 personnes. « C’est un projet qui nous semble pouvoir être durable dans la mesure où il a été initié avec une volonté forte du gouvernement afghan, mais également des opérateurs privés et des producteurs locaux », souligne Jean-Marc Gravellini. Le gouvernement de Kaboul s’est engagé depuis la reconstruction dans une politique économique libérale et a pour stratégie de privatiser, notamment, le secteur agro-industriel. D’où sa volonté de relancer la culture cotonnière, très développée en Afghanistan avant l’invasion russe. Dans les années 70, le pays récoltait en effet 200 000 tonnes de coton par an. « Le coton afghan est reconnu pour sa qualité et peut générer des revenus élevés, d’autant que le projet va s’appuyer sur la mise en oeuvre d’une chaîne de qualité pour tout le processus, de la récolte au conditionnement et au stockage », explique Jean-Marc Gravellini. L’AFD intervient comme bailleur de fonds à hauteur de 10 millions d’euros, qui sont ensuite rétrocédés par le gouvernement à l’entreprise de production afghane et à Dagris, opérateur français du projet et lui-même investisseur à hauteur de 1 million d’euros. Le développement de ce secteur devrait ensuite permettre un financement totalement pris en charge par des investisseurs privés. Avec un financement initial de 16 millions d’euros, le projet doit atteindre 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, et, si tout fonctionne bien, 50 millions à terme. La rémunération des producteurs est une donnée importante de la pérennité du projet, et, compte- tenu des variations des cours de cette matière première, Dagris a souhaité rémunérer les producteur à un prix satisfaisant, indépendamment des fluctuations internationales . Considéré comme « exemplaire » par l’AFD, ce projet fait encore figure d’exception. Les bailleurs de fond s’intéressent surtout à la réhabilitation des infrastructures et seuls le secteur bancaire et les télécoms (financés par les Etats-Unis), font l’objet d’un développement à l’heure actuelle. La situation économique du pays reste en effet encore fragile, menacée par l’incertitude et le risque d’instabilité politique.
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