Les fondations en Allemagne
L'Allemagne compte environ 8 400 fondations, selon les chiffres de l'Union fédérale des fondations allemandes (BDS). Le rythme des créations va en augmentant : de 181 nouvelles fondations en 1990, on est passé à 829 en 2001. « L'Allemagne vit un véritable boom en matière de fondations. Les chiffres montrent un changement d'attitude de la société où ce n'est plus l'individu qui prime mais bien plus la société », veut-on croire au BDS. Le dépoussetage du statut fiscal des fondations en Allemagne, en juillet 2002, peut également expliquer l'engouement pour les fondations. Sont exonérées d'impôts les fondations elles-mêmes ainsi que les héritiers préférant utiliser leurs successions pour créer une fondation. En clair, ni droit de succession, ni impôt sur le patrimoine ne sont prélevés. Les dons allant jusqu'à 20 000 euros échappent également au fisc.
Ulf Mann, héritier d'une fortune construite dans le secteur pharmaceutique, a créé, à la veille de Noel 86, une fondation pour l'aide au développement. Il s'agit de combattre les causes du sous-développement à l'aide de micro-projets, et non d'apporter une aide temporaire pour lutter contre la faim. La fondation souligne que l'aide au développement, surtout quand il s'agit d'une aide financière, peut engendrer de nouvelles dépendances dans la mesure où l'on contraint les bénéficiaires à un rôle passif. La fondation a donc choisi de soutenir des projets dont elle évalue l'utilité et la viabilité financière en fonction de critères qu'elle a élaboré. Les points cruciaux sont l'instruction, l'aide dans les pays « soit-disant » du Tiers-Monde, selon l'expression de la fondation, et les femmes. Six groupes de travail se partagent l'examens des dossiers (« Afrique », « Amérique latine », « Asie », « Femmes », « Rencontres entre jeunes turcs et allemands » et « Tiers-Monde »). Des millions d'euros pour un ancien alternatif berlinois La fondation est basée à Berlin, quartier Kreuzberg. Ce nom a valeur de symbole dans tout le pays. Le quartier de Kreuzberg fut, dans les années 80, le théâtre de confrontations parfois violentes entre des « Hausbesetzer » (« Squatters ») et les forces de police. Les Hausbesetzer protestaient en occupant les habitations laissées à l'abandon par la ville contre le projet de réaménagement du quartier, tout en revendiquant le droit de vivre autrement. C'est un des membres actifs de ce groupe qui a hérité de plusieurs millions d'euros. La fondation dispose de 18 millions d'euros, placés selon des critères éthiques. Depuis 1987, plus de 3 400 projets ont été financés,pour des financements de l'ordre de 4 000 euros en moyenne par an. Fin 2001, cela représentait plus de 13 millions d'euros. Pour limiter les frais de gestion, la fondation n'occupe qu'un petit bureau et emploie deux employés et un ou une stagiaire. Le fondateur, lui, perçoit un salaire mensuel dont le montant ne dépasse pas celui d'un technicien chimique. Tous les collaborateurs, notamment ceux qui dirigent les groupes de travail, sont des bénévoles.
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