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L’accord auquel voulait parvenir Tony Blair, lors du sommet du G8, a été atteint. Initié par la Grande-Bretagne avec l’aval des Etats-Unis, le plan d’annulation de la dette des 18 pays les plus pauvres a enfin été adopté par les membres du G8, à savoir la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Etats-Unis, le Japon, le Canada et la Russie. Il concerne la dette multilatérale due à la Banque mondiale, à la Banque Africaine de Développement et au Fonds monétaire international et s’élève à 40 milliards de dollars, somme que les pays riches compenseront auprès des banques. C’est avec un grand soulagement que les pays concernés (Bénin, Bolivie,Burkina, Ethiopie, Ghana, Guyana, Honduras, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie) ont accueilli la nouvelle, d’autant que sans cette annulation, les seuls intérêts de la dette représentaient 27 milliards de dollars à payer d’ici 2015. Par ailleurs, d’ici fin 2006, neuf autres pays bénéficieront de cette annulation pour un montant de 11 milliards de dollars, puis onze autres pour 4 milliards de dollars. Tony Blair a également annoncé que le G8 avait finalement accepté de doubler l’aide au développement, avec une enveloppe de 50 milliards de dollars. L'Union européenne a ainsi décidé de porter son aide à 0,56% de son produit national brut (PNB) d'ici 2010 et 0,7% d'ici 2015. Ce^soutien financier au développement est une condition sine qua non pour les ONG, notamment OXFAM, dont le dirigeant britannique demandait que « les dirigeants du G8 accélèrent de façon urgente le pas, pour répondre à l'appel de millions de militants dans le monde, et consacrer 50 milliards de dollars supplémentaires chaque année à la lutte contre la pauvreté ». La France propose pour y parvenir de taxer les billets d'avion, en précisant "qu'une contribution de 1 euro sur chaque billet et de 4 euro pour la classe affaires apporterait déjà plus de 10 milliards d'euros". De son coté, Tony Blair privilégie les mécanismes financiers internationaux à travers un système d'emprunt garanti par les Etats.
Une mesure insuffisante
Si aucune décision ferme n'a été prise pour démanteler les subventions agricoles des pays riches, qui handicapent considérablement le développement économique des pays du Sud, la déclaration finale promet néanmoins de parvenir à "une réduction significativeé" de ces aides. Le dossier devrait par ailleurs être négocié lors du prochain sommet de l'OMC en 2006. « Nous devons avancer sur des questions comme un cadre plus juste pour les échanges commerciaux et les subventions agricoles, qui continuent de favoriser les pays du nord », avait déclaré le président sud-africain Thabo Mbeki en juin dernier. Méfiant, le Comité d’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) souligne de son côté que « le coût de cette annulation s’élèverait pour les pays riches à environ 2 milliards de dollars par an, à comparer aux 350 milliards de subventions agricoles du G8 », et a annoncé rester « très vigilant à propos de ces effets d’annonce qui par le passé ont souvent masqué de fausses annulations dissimulant un renforcement de la domination des pays créanciers, comme dans le cas de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) annoncée en 1999. Malgré une apparence de changement, la logique demeure, car pour bénéficier d’un allégement de dette dans le cadre de cette initiative, les étapes sont nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long », souligne le CADTM. Le Comité rappelle par ailleurs que les 18 pays concernés ne rassemblent que 5% de la population des pays en développement. « Si la mesure est étendue dans les années à venir à l’ensemble des 42 PPTE, cela ne concernerait encore que 11% de la population de ces pays. La majorité des habitants les plus pauvres de la planète vivent dans d’autres pays en développement, dont le nombre total s’élève à 165 », ajoute-t-il. De fait, si cette annonce constitue une excellente nouvelle pour les populations concernées, il faut toutefois comparer les 40 milliards de dette annulés à la dette de l’ensemble des pays pauvres, qui représente la somme pharaonique de 2500 milliards de dollars. La dette des pays les plus pauvres, s’élève, elle, à 180 milliards de dollars.
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