Where we live, la musique au service de la planète

Planète \Mondialisation \ONG

Publié le 12-12-2003

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Norah Jones, Tom Waits, Tina Turner, Bob Dylan, Los Lobos, The Neville Brothers... une vingtaine d'artistes prestigieux ont répondu présents à l'appel du cabinet juridique américain à but non lucratif Earthjustice (Justice pour la Terre), pour faire un disque au bénéfice de sa dernière campagne, Where we live (Où nous vivons). Une campagne visant "à défendre le droit universel à un air sain et une eau propre."

Les titres interprétés sur ce disque, sorti cet automne, ont une tonalité "soul" très agréable, et ont été choisis pour leurs messages reflétant "un engagement en faveur de la protection de la planète et du bien-être de ses habitants." Where we live est une campagne pluriannuelle lancée en 2001 par Earthjustice. Depuis 1971, cette association met bénévolement son réseau de juristes et d'avocats internationaux au service d'ONG militant pour la défense de l'environnement, de la faune et de la flore, et la protection de la santé humaine. Earthjustice a ainsi mené et remporté plusieurs batailles afin de "protéger des sites et des ressources naturelles, et de défendre le droit de chacun à un environnement sain."

Quatre modes d'actions juridiques

La campagne Where we live est partie d'un constat d'urgence dressé par Earthjustice : rien qu'aux Etats-Unis, plus de 70 000 personnes meurent chaque année en raison de la pollution de l'air et 40 % des cours d'eau du pays sont en-deçà des standards sanitaires. "Nous pouvons faire mieux !" clame Earthjustice, en exposant ses quatre principaux outils et moyens d'action :
- Interpellation, par les voies légales, des agences gouvernementales, pour qu'elles régulent efficacement la pollution industrielle, produite par l'industrie chimique ou du pétrole par exemple.
- Action en justice contre les pollueurs qui ne respectent pas les lois environnementales (déversement illégal de substances et déchets dans les cours d'eau, dépassement des seuils de rejets toxiques dans l'air...)
- Défense des lois nationales sur la santé et l'environnement
- Travail en collaboration avec des institutions internationales pour promouvoir l'existence d'un droit universel à un environnement sain.

Cinquante actions en cours

La campagne Where we live concerne une cinquantaine d'opérations en cours. Parmi les dossiers majeurs, figure une action de protestation contre les changements apportés par le gouvernement Bush en 2002 au Clean air act (loi pour l'air sain). Grâce aux derniers aménagements concédés par le gouvernement actuel, Earthjustice estime que les mesures de protection de l'air, en place depuis 30 ans, sont menacées. Entre autres choses inquiétantes, la mise en place de nouveaux outils de contrôle ayant été abandonnée, un nombre important d'entreprises peuvent continuer d'augmenter leurs émissions toxiques. L'association juridique espère bien, aux côtés d'autres organisations de défense de l'environnement, et grâce à des recours en justice, maintenir une pression sur le gouvernement. Une pression et des actions qui ont valu à Earthjustice quelques succès notables : en juillet 2003, l'association a réussi à faire reconnaître que l'Agence pour l'environnement (EPA) n'avait pas respecté le Clean air act, en ne réévaluant pas les standards nationaux de mesures en matière de fumées d'usines. L'EPA va revoir ses critères de mesure... sous le regard vigilant d'Earthjustice.
Autre belle victoire pour Earthjustice : alerter le gouvernement péruvien sur la situation des habitants de la ville de Oroya, dans les Andes péruviennes, qui se battent contre la pollution toxique (cadmium, arsenic...) due à une mine d'extraction de métal, appartenant à la Doe Run Company depuis 1997. Après l'émission d'un rapport intitulé " La Oroya ne peut plus attendre ", conjointement réalisée par diverses associations, le ministre péruvien de l'Energie et des Mines a convoqué des environnementalistes et la compagnie Doe Run pour une rencontre privée. Earthjustice a bon espoir de voir débloquer des fonds et commencer des actions pour dépolluer le site et apporter de l'aide à une population dont 99 % des enfants ont des taux anormalement élevés et dangereux de plomb dans le sang, et dont 30 % serait d'ores et déjà concernés par une hospitalisation. Comme le scande Earthjustice sur son site, la terre semble avoir besoin d'un bon avocat !

Sylvie Touboul
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