![]() Greenpeace bloque l'accès au chantier du Ministère de la Culture
Dans le cadre de sa campagne internationale "Protégeons les forêts anciennes" Grennpeace a décidé d'une action symbolique le 18 novembre à Paris. Protestant contre l'emploi de bois qui ne font pas l'objet d'une labellisation selon des critères sociaux et environnementaux, cinquante militants ont décidé de bloquer pour la journée un chantier du ministère de la Culture. Une délégation munie d'une porte en bois certifié FSC souhaitait être reçue par le Ministère de la Culture "pour montrer que des solutions immédiates existent" précise Ludovic Frère, chargé de mission Forêts à Greenpeace France. Par cette action symbolique, Greenpeace souhaite obtenir un engagement du Ministère de la Culture et de la Présidence de la République de ne pas utiliser de bois issu des forêts anciennes pour ce chantier, ni pour aucun en cours, et à venir. La biodiversité en danger
En 1999, la FAO indiquait que la diminution des forêts anciennes est due en grande partie à de mauvaises pratiques de coupe et à la surexploitation des bois issus de forêts anciennes notamment tropicales.
Le Global Forest Watch, rapport annuel de Greenpeace sur l'état des forêts précise que 80% des forêts originelles de la planète ont été détruites. Cette exploitation massive menace la biodiversité végétale et animale et met aussi en péril les cultures traditionnelles. Il y a deux ans lors d'un Conseil des Ministres, Jacques Chirac avait souhaité que la France mette en chantier une initiative sur les forêts anciennes et permette ainsi d'aider les pays en voie de développement engagés dans leur protection. Deux mois plus tard, la Présidence de la République confirmait la nécessité que, dans les appels d'offres, les produits répondent à une éco-certification comme la norme FSC. En bloquant le chantier du ministère de la Culture, Ludovic Frère se donne pour objectif "de rappeler aux pouvoirs publics leurs engagements." A ce jour, dans le Code des marchés publics, actuellement en révision, les labels et certifications ne sont toujours pas pris en compte. Seul l'accord international sur les bois tropicaux de 1994, ratifié par la France en juin 1998, est en vigueur. Mais il n'implique aucune contrainte et indique seulement l'objectif "d'améliorer la commercialisation et la distribution des exportations de bois tropicaux provenant de source gérées de manière durable." En France, 65 % de l'exploitation du bois tropical sert à la construction et 1/4 de ce marché relève de la commande publique ce qui, selon Greenpeace, représenterait 160 millions d'euros. Si Greenpeace soutient l'utilisation du bois face à des matériaux plus polluants comme le PVC, il défend une éco-certification des bois utilisés : "la prise en compte du label FSC constitue une condition sine qua non de l'émergence d'une gestion durable dans les forêts tropicales." Conscient de la difficulté à intervenir directement auprès des exploitants industriels des forêts tropicales, présents sur un marché concurrentiel où la logique à court terme domine, Ludovic Frère explique que "si les donneurs d'ordre respectent leurs engagements, une pratique nouvelle pourra être impulsée." C'est en ce sens que Greenpeace a collaboré avec le constructeur Lapeyre et après deux ans de sensibilisation et de collaboration l'entreprise s'est engagée à vendre 100% de bois eco-certifié à partir de 2005.
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