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Greenpeace qualifiée « d'organisation criminelle » par Ben Daalder, le président de la Fédération des associations de pêcheurs et par le parti libéral (VVD), une campagne des Amis de la Terre contre l'exploitation illégale du bois jugée « dogmatique » et « anti-démocratique » par Bernard Wientjes, président de la plus puissante organisation patronale néerlandaise (le VNO-NCW), ont fini par irriter le gouvernement néerlandais. Celui-ci entend montrer désormais plus de fermeté envers les groupes de défense de l'environnement. Pour calmer la colère des secteurs concernés et les vives critiques des autres partis de la coalition, en particulier des chrétiens démocrates, la ministre de l'environnement du parti travailliste (PVDA) Jacqueline Cramer, a dû durcir le ton. Lors d'une déclaration à la presse et sans nommer aucune organisation, elle a estimé que le gouvernement devait se montrer très critique envers les organisations qui délivrent des « informations biaisées » et « participent au débat social de manière anti-démocratique ». De tels comportements, a-t-elle averti, pourraient entraîner la fin de tout soutien financier de la part du gouvernement à ces organisations. Directement visés : Les Amis de la Terre, dont le rapport concernant l'importation illégale de bois aux Pays-Bas est accusé de contenir de nombreuses erreurs. D'une manière générale, les organisations environnementales sont accusées de "pratiquer plus souvent de la propagande que de produire des informations avérées…" Mais qu'en est-il vraiment du soutien gouvernemental ? La ministre de l'environnement, elle-même ancienne activiste, tient à rappeler la part minime du soutien financier provenant du gouvernement : « La majorité des subventions sont allouées pour des projets spécifiques, pas pour faire vivre les organisations. La plupart des ces organisations sont soutenues par les contributions de leurs membres. Elles dépendent tout au plus à hauteur de 20% des subventions du Ministère de l'Environnement », rappelle-t-elle. Une ONG comme Greenpeace ne vit, d’ailleurs, que grâce aux dons des militants. S’agissant des attaques sur l'illégalité de ses actions, la polémique est née après le déversement, au large des côtes danoises et allemandes, de milliers de blocs de pierre dans le but de briser les filets des pêcheurs. D'après Ben Daalder, leur porte-parole, ces blocs représentent un véritable danger. Dans des zones où les crevettiers sont particulièrement actifs, leurs filets pourraient provoquer un chavirement, d'où l'appellation de « groupement d'activistes criminel » dont il a qualifié l'organisation. A cela, la présidente de Greenpeace Pays-Bas, Liesbeth van Tongeren se contente de répondre par voie de presse qu' « il n'est pas intéressant que quelqu'un nous donne un tel qualificatif ». Réponse pour le moins laconique qui n'a pas apaisé les esprits. Les municipalités des côtes de la mer du Nord avaient, elles aussi, manifesté leur mécontentement envers cette action de Greenpeace et ont été soutenues par le parti libéral (VVD), qui déclare que « ce ne sont pas les pêcheurs ici qui ne respectent pas la loi, mais Greenpeace elle-même ». L'organisation précise cependant que le gouvernement allemand s'était engagé à protéger la flore et la faune de cette zone mais que, aucune action n'étant réellement engagée, l’ONG « a fait le premier pas pour protéger la vie marine ici » et compte bien continuer son action. Ben Daalder refuse dorénavant tout dialogue avec Greenpeace mais se dit prêt à négocier avec d'autres organisations environnementales comme le WWF, par exemple. Prise entre deux feux, la ministre de l'environnement en est réduite à « appeler au dialogue ». Elle insiste sur l'importance du rôle que les groupes environnementaux tiennent en tant qu’intermédiaires entre le gouvernement et des consommateurs de plus en plus sensibilisés et attentifs à ces questions, - tout en gardant un œil critique sur les méthodes employées par les ONG. En cas de débat « orienté ou biaisé » par des informations incorrectes ou incomplètes, elle assure ne pas hésiter à provoquer « une rencontre avec l'organisation concernée » et à « stopper toute subvention » si ces métodes persistent.
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