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Greenpeace fête la Saint-Valentin en dénonçant la toxicité des parfums

Planète \Mondialisation \ONG

Publié le 14-02-2005

Campagne Flagrant Délit (Greenpeace)
Campagne Flagrant Délit (Greenpeace)

Selon les résultats d'une enquête commandée et rendue publique par Greenpeace, à l'occasion de la fête de la Saint-Valentin, 36 parfums célèbres laissent derrière eux autre chose qu'une agréable fragrance, puisqu'ils exposent leurs adeptes à des substances chimiques persistantes, suspectées de pénétrer le corps avec des effets graves pour la santé à long terme .

"Pour la Saint-Valentin, dites-le lui avec des toxines..." Poursuivant sa mobilisation contre la présence généralisée de substances toxiques, Greenpeace vient de frapper un grand coup, en divulguant quelques jours avant la Saint-Valentin, les résultats de son enquête "Parfum de scandale" sur la composition chimique de 36 eaux de toilette et eaux de parfum. Des révélations inquiétantes...
L'association, qui cherchait à " quantifier l'usage de deux groupes de substances chimiques - les esters de phtalates [utilisés comme solvant dans les cosmétiques, NDLR] et les muscs synthétiques [composés aromatiques industriels, NDLR] ", conclut en effet que " l'usage régulier de la plupart des parfums du commerce contribue de manière substantielle à l'exposition quotidienne des individus à ces substances chimiques, dont certaines sont des contaminants reconnus du sang et du lait maternel. "

L'étude révèle une présence quasi générale de phtalates et de muscs synthétiques, " substances dangereuses ou potentiellement dangereuses ", selon Greenpeace, parmi les 36 parfums testés, avec des disparités parfois importantes. Eternity pour femme (Calvin Klein), Iris Blue (Melvita) ou encore Le Mâle (Jean-Paul Gaultier) laissent apparaître les niveaux les plus élevés du phtalate le plus prévalent, le dhiétyl phtalate (DEP), soupçonné d'être responsable d'une modification de l'ADN des cellules du sperme... Fait surprenant, c'est une eau de toilette (et le produit phare) de la marque Body Shop, White Musk qui arrivent en tête des tests quant à la présence détectée de musc polycycliques (7,8 % du poids). L'enseigne, réputée pour son refus des tests sur animaux et sa responsabilité sociale et environnementale, explique dans Libération du 11 février sa vigilance en la matière. Face aux "soupçons" de dangerosité, la marque aurait stoppé le recours à cette substance mais dans ses nouveaux produits.
Certes, Greenpeace reconnaît dans son étude que les conséquences à long terme de l'exposition ambiante à ces substances " demeurent inconnues ", mais parle de "soupçons fondés" suggérant des risques sanitaires et environnementaux. La Fédération des industries de la Parfumerie répond au nom de tous les parfumeurs concernés que les substances mises en cause par Greenpeace "font l'objet d'évaluations régulières par les autorités scientifiques indépendantes" et que leur "sécurité d'usage (...) - dans les conditions où ils sont utilisés dans les parfums - a ainsi été confirmée récemment par plusieurs autorités scientifiques (Agence française, Comité Scientifique européen ou Cosmetic Ingredient Review américain selon les cas)."

Le projet REACH pour sortir de la "crise toxique"

Faut-il appliquer le principe de précaution ou attendre l'évolution de la réglementation pour décider éventuellement de changer de parfum ?
Greenpeace milite activement pour une réglementation européenne en soutenant le projet REACH (Enregistrement, Evaluation et Autorisation des Produits Chimiques). "Dans ce contexte, nos résultats plaident en faveur d'une législation qui exige le remplacement des substances dangereuses par des alternatives plus sûres. Le développement en cours de la nouvelle réglementation chimique communautaire REACH fournit l'opportunité de mettre en place les conditions d'une telle substitution, une contribution vitale à la protection des citoyens face à l'exposition aux substances dangereuses. "

Alors que les députés européens et les ministres des gouvernements de l'Union débattent en ce moment de cette future réglementation, et que les industriels de la chimie font pression pour limiter leurs futures obligations (voir dossier lié), Greenpeace rappelle que "toutes" les entreprises devront être soumises aux mêmes exigences de substitution des produits dangereux par des alternatives plus sûres. L'association a, du reste, choisi d'exposer les différentes stratégie d'entreprises dans ce domaine sur un site dédié, www.vigitox.org (rubriques Toxiques à domicile)...

Sylvie Touboul
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