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Davos : remise des Public Eye Awards

Planète \Mondialisation \ONG

Publié le 24-01-2008



Pour la quatrième année consécutive, la Déclaration de Berne et Pro Natura ont décerné en marge du Forum économique mondial les Public Eye Awards , aux multinationales jugées les plus irresponsables dans leur comportement social et environnemental. Areva et Glencore sont cette année les lauréats , tandis que l'entreprise allemande de textile Hess Natur a reçu un prix positif pour ses produits biologiques.

La contre manifestation des Public Eye Awards a tenu sa quatrième édition, comme chaque année depuis 2004, en parallèle du World Economic Forum (WEF). Des ONG du monde entier ont présélectionné les entreprises nominées pour les trois catégories des Public Eye Awards : deux pour des prix négatifs et une catégorie " positive award ", récompensant une initiative exemplaire en matière de responsabilité sociale des entreprises.
Cette année, ces " oscars de la honte ", selon l'expression employée par les ONG, vont à Areva pour son exploitation d'uranium au Niger et à Glencore, situé " dans le paradis fiscal de Zoug " et exploitant également des mines de matières premières. Areva est épinglée en raison " des conditions totalement scandaleuses " dans lesquelles le groupe français exploite une mine d'uranium au Niger. " Alors que les analyses montrent une contamination de l'air, de l'eau et du sol, les mineurs ne bénéficient d'aucune information sur les risques sanitaires liés à leur travail ", indiquent les ONG. Almoustapha Alhacen, président de l'organisation nigérienne Aghirin'man, a évoqué dans son intervention à Davos de "décès suspects chez les travailleurs, causés probablement par la poussière radioactive et la contamination des eaux souterraines". Cette accusation a par ailleurs fait l'objet d'un rapport détaillé de l'association Sherpa sur le sujet (voir article lié).

Glencore, le géant des matières premières, obtient quand à lui le " Public Eye Swiss Award " pour l'exploitation de ses mines en Colombie, "  source de graves pollutions et de nombreux cas de maladies dans la population locale ". L'entreprise, qui a le plus important chiffre d'affaires de Suisse et qui est " basé dans le paradis fiscal de Zoug ", mène " une politique extrêmement agressive envers les syndicats ", ajoutent les ONG. Elle a été nominée par Funtraenergética, un syndicat colombien des secteurs minier et énergétique. Son juriste, Sergio Beccera, a fait état à Davos " des camps d'entrainement de milices paramilitaires situés sur les terrains des mines, des violations de la liberté d'association et du dumping social permanent dont sont victimes les travailleurs chez Glencore ".

Pour la première fois cette année, un prix du public a aussi été décerné. Avec près de la moitié des dix mille votes enregistrés, Areva "triomphe" devant Bayer et Glencore et obtient le Public Eye People's Award. Etaient également nominés la multinationale de chimie allemande Bayer CropScience, ainsi que la filiale philippine du producteur américain de fruits Dole Foods. Pour le Swiss Award, Glencore " disputait " le prix au géant des matériaux de construction Holcim. Enfin, le " Positiv award " a été atribué à Hess Natur, entreprise allemande de textile pour un projet de coton biologique au Burkina Faso.
 
La FIDH appelle les Etats à légiférer

Souhaitant elle aussi profiter de l'ouverture du Forum de Davos, la FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme) organisait une conférence de presse, dans un tout autre style mais poursuivant le même but : faire pression sur les multinationales pour qu'elles respectent les droits humains. Le Caucus pour la dignité humaine et les droits de l'Homme, a ainsi " appelé les Etats à développer des instruments juridiques de façon à appliquer aux entreprises un standard minimum en matière de respect des droits de l'Homme ". L'ONG souligne la portée limitée des initiatives volontaires en la matière, qui " laissent le choix aux entreprises de ne pas se joindre à de telles initiatives ". " Contrairement à leurs prises de position publiques et répétées, les entreprises jouent très rarement le jeu du respect des droits de l'Homme et, surtout, s'assurent en permanence des conditions de leur impunité " a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. " Aujourd'hui, de nombreuses victimes de violations ne savent plus vers qui se tourner pour revendiquer leurs droits, ni qui elles doivent tenir responsable de leurs souffrances ", a-t-elle ajouté.

Véronique Smée
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