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La montée en puissance du Forum social mondial de Porto Alegre, dont le nombre de participants a doublé cette année, est bien réelle. Créé en 2000 pour être un forum contestataire " anti-Davos ", rendez-vous des dirigeants économiques et politiques mondiaux, le FSM se transforme, depuis 3 ans, en une véritable force de proposition. En facilitant la création de réseaux altermondialistes internationaux et la constitution de forums sociaux régionaux comme en Inde ou en Afrique, le FSM a construit un mouvement alternatif sans précédent. Ainsi, près de 1 700 forums sont prévus cette année pour traiter cinq thèmes majeurs : le développement durable, les droits de l'homme, les médias, la politique et la société civile, la démocratie mondiale et la militarisation. Autant de sujets sur lesquels le FSM apportera sa vision d' " un autre monde possible ". De plus en plus autonome par rapport à " l'ennemi " de Davos, le FSM semble même influencer le programme du Forum économique mondial . Les 2000 participants du FEM -essentiellement des chefs d'états, des dirigeants de grandes multinationales et des responsables d'institutions internationales- consacreront en effet cette année plusieurs ateliers à " l'avenir des mouvements anti-mondialisation ", " l'injustice et la pauvreté dans le monde " , " les droits de l'homme et la sécurité ", ou encore au rôle des ONG, considérées comme " des partenaires clés sur une série de problématiques, ayant des domaines d'intervention et une influence politique large ", selon les organisateurs du forum économique. Une manifestation de mouvements " altermondialistes " a même été autorisée cette année. " Rapprochement souhaitable " Pour autant, le rapprochement entre les deux forums n'aura vraisemblablement pas lieu, malgré la participation, à Davos, d'Ong (Terre des hommes, Max Havelaar) et de syndicats (la Confédération internationale des syndicats libres fera la même déclaration à Porto Alegre et à Davos). Ainsi, le collectif français Engagements citoyens ( regroupant les acteurs du commerce équitable, des finances solidaires et de la consommation citoyenne) n'a pas pu organiser d'atelier sur les partenariats Ong/ entreprises, pour la simple et bonne raison qu'aucune entreprise ne se rend à Porto Alegre, y compris parmi celles qui sont les plus engagées en matière de responsabilité sociale et de développement durable. " Nous pensons qu'un rapprochement est souhaitable entre l'univers de l'économie solidaire et celui des entreprises, explique Jean-Philippe Teboul d'Engagements citoyens. Mais il est évident que les référents ne sont pas les mêmes et qu'il existe de profondes différences culturelles. La plupart des entreprises se réfèrent aux normes du GRI (Global reporting initiative, organisme édictant des normes de responsabilité sociale), par exemple, alors que les acteurs de l'économie solidaire en ont tout juste entendu parler ". Si beaucoup reste à faire pour parvenir à construire des relations durables entre ces deux univers, il faut néanmoins souligner la nette évolution des rapports ONG -Entreprises depuis 10 ans. " Auparavant, les entreprises ne voulaient même pas nous recevoir, rappelle Jean-Philippe Teboul. De leur côté, les ONG avaient une attitude essentiellement contestataire, alors qu'aujourd'hui certaines sont prêtes à travailler avec les entreprises, tout en restant vigilantes et en se réservant un droit de critique ". Signe de cette volonté affichée de dialogue, les organisateurs du forum social eux-mêmes ont appelé à nouer un dialogue avec les entreprises. Reste désormais à le concrétiser.
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