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L'écolabel européen pour des hébergements touristiques

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Publié le 26-06-2003

L'Eco-label européen
L'Eco-label européen

Depuis le 1er mai 2003, la petite fleur verte indiquant des produits écologiques va permettre aux consommateurs de choisir des services d'hébergements touristiques respectueux de l'environnement. Après les textiles ou encore les nettoyants ménagers, c'est au tour des hôtels ou des bed&breakfast d'être fleuris.

Un logo pour des vacances plus écolo ! Cela pourrait être le slogan de la commission européenne pour promouvoir la nouvelle attribution de la fleur verte. Ce symbole stipule aux consommateurs que les produits " fleuris " sont respectueux de l'environnement. Pour la première fois depuis sa création en 1992, l'écolabel européen est attribué à un secteur de services, celui des séjours touristiques. Depuis le 1er mai 2003, un hôtel, un " bed&breakfast ", une auberge de jeunesse ou encore un refuge de montagne peuvent faire valoir leur attachement à la préservation de l'environnement.

Pour ce faire, il devront bien sûr prouver qu'ils remplissent certains critères minimaux en matière environnementale et sanitaire, dont 37 sont obligatoires. Drastiques et précis, ils portent sur des préoccupations écologiques telles que la réduction globale de la consommation d'eau et d'énergie, le recours à des énergies renouvelables, la réduction des déchets produits ainsi que la sensibilisation à l'environnement. Viennent ensuite des critères optionnels (47), définis avec un système de points, qui viennent valider des bonnes pratiques telles que l'équipement en électroménager de classe A, consommant moins d'énergie, ou l'extinction automatique des lampes dans les chambres.

Une demande grandissante

Ces critères écologiques devraient satisfaire tout le monde, comme l'a déclaré Margot Wallström, commissaire à l'environnement : " Un secteur touristique prospère n'est pas incompatible avec un environnement sain et le respect de la nature. (...) Du point de vue commercial, il est logique pour les fournisseurs de séjours de demander l'écolabel, et du point de vue de l'environnement, il est bon que les consommateurs recherchent la fleur au moment de réserver leur séjour. "

Un souhait des consommateurs qui s'apparenterait à une demande réelle, à en croire un sondage relayé par la commission européenne. Selon cette étude, réalisée en 2002 par la German Traveller Analysis, " 42 % des touristes préfèrent choisir un séjour respectueux de l'environnement ", près de " 46 % désirent que  leur lieu de villégiature promeuve activement la protection de l'environnement ", et environ " 60 % estiment que les problèmes de déchets extérieurs et de pollution sont dissuasifs ".

Bien sûr, les sondages, comme on peut le constater avec le commerce équitable, témoignent d'intentions parfois un peu éloignées de la réalité quotidienne du consommateur. Mais une sensibilité accrue aux problèmes environnementaux, le développement d'un éco-tourisme et une régulation de plus en plus sévère, laissent à penser que les touristes devraient moins tolérer certains gaspillages ou pollution intempestives, qui sont le lot fréquent de l'industrie du tourisme. La commission européenne entend donc bien jouer sur la corde sensible de l'argument marketing pour mettre ce secteur sur un chemin plus verdoyant.

Une petite fleur qui s'épanouit bien

Initié en 1992 par l'Union européenne, le programme écolabel est destiné à promouvoir les produits (et maintenant les services) respectueux de l'environnement, et dont les impacts sont réduits. Ces produits font l'objet de contrôle par des organismes indépendants. En France, c'est l'Afnor qui renseigne les entreprises désireuses d'obtenir l'écolabel et vérifie le respect de la réglementation.

A ce jour, on recense 21 groupes de produits diverses, comme les appareils domestiques, la papeterie, les peintures, les chaussures, les textiles... et plus de 135 licences ont été accordées, ce qui concerne des centaines de produits. Point notable, les ventes de produits à la fleur verte ont connu une progression exponentielle ces deux dernières années, chiffrée, selon la commission européenne, à 300 %. Parmi les pays où la consommation a augmenté se trouve la France, aux côtés du Danemark, de l'Italie, de la Grèce et de l'Espagne.

L'écolabel semble combiner à lui seul deux des impératifs du développement durable, le changement des modes de production et de consommation. La commission européenne planche sur de nouveaux produits, tels que le papier imprimé, ou les meubles, de nouveaux services, comme les camping. Elle envisage surtout une vaste campagne de marketing dans toute l'Europe en 2004, afin de donner aux consommateurs le goût de la fleur verte.

Sylvie Touboul
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