Réunis tous les 2 ans pour décider des règles applicables aux échanges de marchandises, aux services et à la propriété intellectuelle, les 144 Etats membres négocieront cette année sur l'accès aux médicaments génériques pour les pays en développement et sur l'agriculture, dossier " brûlant " de l'OMC. Le cycle de négociations qui s'ouvre à Cancun pourrait en effet amener les pays en développement à renforcer leur positions sur les subventions à l'agriculture pratiquées par les Etats-Unis et l'Europe, qui représentent une concurrence déloyale pour les pays producteurs du Sud sur leurs propres marchés. Si les pays du Nord se sont engagés à diminuer, progressivement, le soutien à leurs agricultures, -le texte proposé à Cancun prévoit de supprimer, en 5 ans, 50% des subventions à l'exportation, et le reste sur 9 ans- aucune compensation n'est prévue pour les pays en développement d'ici la fin de l'échéance. Or, l'ouverture de leurs marchés aux produits subventionnés du Nord a peu à peu anéanti la production et le commerce de certains produits, et déstabilisé les marchés locaux, conduisant les producteurs et leurs familles à la faillite. L'aviculture africaine constitue un " cas d'école " des conséquences du libre-échange mondial, notamment au Sénégal, où cette filière est en train de disparaître. Réunies à Cancun, les ONG du Nord et du Sud dénoncent cette situation agricole et alimentaire insoutenable et défendent la relance de l'agriculture des pays en développement par une protection de leurs marchés. L'ONG de développement Agrisud aide, pour sa part, à la mise en place d'une agriculture durable et raisonnée dans les pays en développement. Une alternative aux mécanismes à court terme de l'OMC.
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