Jacqueline Aloisi de Larderel a dirigé pendant 15 ans la DTIE (Division Technologie, Industrie, Environnement) du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement). Elle y a laissé une forte empreinte. Son remplacement s'est donc révélé difficile : son départ à la retraite, programmé en janvier 2003, a d'abord été retardé jusqu'à avril... Enfin, après une période de vacance de 4 mois, sa remplaçante prend ses fonctions ce 1er septembre. Car c'est une autre française qui la remplace : Monique Barbut qui vient de l'AFD (Agence Française de Développement)...
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Quand et pourquoi avez-vous postulé pour ce poste ? M.Barbut : En fait, je n'ai pas postulé. C'est Jacqueline Aloisi de Larderel qui est venue me le proposer. Elle me l'a bien " vendu ". J'avais envie, après mes années de " bilatéral " à l'AFD, de revenir sur le " multilatéral ". J'ai rencontré Klaus Tœpfer, le Directeur exécutif, et en une demi-heure, nous nous sommes mis d'accord très vite. Il est vrai que je le connais depuis le Sommet de Rio en 1992, où j'avais été amenée à mener des négociations avec lui. On attendait un autre profil que le vôtre pour remplacer Jacqueline Aloisi de Larderel. Qu'est-ce qui, dans votre expérience, a séduit Klaus Toepfer ? M.Barbut : Il est vrai qu'avec un parcours professionnel à la Caisse centrale de coopération économique puis à l'AFD, j'ai, à priori, un profil plus PNUD que PNUE... Il est également certain que je ne suis pas une écologiste de formation : je vous avouerai même je pencherai plus pour un principe de sécurité qu'un principe de précaution ! Mais je connais bien l'environnement pour avoir travaillé, pendant plusieurs années, sur la mise en place de ses nouveaux instruments financiers. Grâce à ma formation économique et financière3, j'ai pu avoir un rôle actif dans la préparation française au Sommet de Rio en 1992 (négociation des aspects financiers et du paquet financier présenté par la France). Par la suite, j'ai suivi la création du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) à la Banque Mondiale (dotation : 1,2 milliard de DTS sur trois ans, contribution française : 137 M d'euros). J'en ai été le 1er administrateur pour la France. J'ai également été responsable du Secrétariat du Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM). Enfin, j'ai représenté le gouvernement français au groupe " finances " de la Commission du développement durables (CDD) des Nations-Unies et participé à la partie financière des grandes conventions environnementales (biodiversité, protocole de Montréal...) Quels sont les grands objectifs de votre mission à la DTIE du PNUE ? M.Barbut : Je souhaiterais que le PNUE soit plus présent sur les aspects de financement et d'intégration de l'environnement dans les politiques de développement. Je connais bien les problèmes des PVD, au quotidien : on n'avancera pas vraiment, tant que l'environnement n'aura pas de sens dans leur stratégie de développement. Bien sûr, je continuerai le travail très important entamé avec le Global Compact et la GRI. Une de mes priorités sera également le chantier " production et consommation durables " : en particulier, je souhaiterais ouvrir le chantier tourisme qui a des retombées directes sur l'environnement. J'aimerais aussi travailler sur une grande thématique, les partenariats public-privé, que je connais bien à travers mon expérience dans le développement. Enfin, il me semble qu'un travail primordial et très important reste à faire sur les outils économiques de l'environnement qui doivent être perfectionnés : il faut trouver des mécanismes pour donner de la valeur à ce qui n'en n'a pas aujourd'hui, pourquoi pas même modifier la comptabilité publique ...
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