Echec des négociations de l'OMC à Cancun

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Publié le 15-09-2003

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Aucun accord n'a pu être trouvé à Cancun. Le texte final, présenté dimanche 14 septembre, ne satisfait ni les pays du Nord ni ceux du Sud, extrêmement déçus par les négociations sur le dossier des subventions agricoles. En fait, le document présenté aux Etats membres de l'OMC sur cette question est quasiment identique à celui rédigé, en amont du Sommet, par les Etats-Unis et l'Europe. Il prévoit bien une suppression des subventions agricoles sur 9 ans, mais ne fixe pas de cadre précis ni de compensations pour les pays du Sud d'ici là. Si, à terme, aucun compromis ne peut être trouvé, les pays du Sud continueront dans les années à venir  à subir la concurrence déloyale des produits agricoles du Nord massivement subventionnés. Les pays africains producteurs de coton, en particulier, n'ont rien obtenu de l'OMC, alors que leurs filières sont anéanties par la concurrence des producteurs américains subventionnés. Les Etats-Unis ont refusé de débattre de toute réduction de leurs subventions, alors que cette filière fait partie depuis plusieurs années des " cas d'école " de l'OMC, montrant les limites de ce système. La plainte qui avait été déposée par 4 pays africains auprès des instances de l'OMC sur ce dossier a fini par être ignorée dans le texte final, ce que les pays africains ont considéré comme une insulte. 

" Nous y avons tous perdu "

Plus que jamais en conflit avec les Etats-Unis et l'Europe sur le dossier agricole, les pays du Sud ont crée un contre-pouvoir sans précédent au sein de l'OMC. Réunis au sein du " G21 ", -qui regroupe 21 pays du Sud et représente la moitié de la population mondiale-, ils ont réussi cette fois ci à faire valoir leurs positions. Par ailleurs, s'estimant particulièrement lésés sur la baisse des subventions, un groupe de pays en développement  comprenant le Bangladesh, la Chine, l'Inde, la Malaisie et le Nigeria ont refusé de négocier sur d'autres sujets, et ont bloqué toute discussion sur des dossiers tels que l'investissement, la concurrence, la transparence des marchés publics et la facilitation des échanges. Dès lors, l'aboutissement du cycle de négociations entamé à Doha et devant s'achever fin 2004, semble très largement compromis. L'accès aux médicaments génériques pour les pays du Sud, pourtant en bonne voie avant le sommet, pourrait être lui-même remis en cause.
Cette crise interne de l'OMC a de quoi réjouir les mouvements altermondialistes, qui voient dans l'échec des négociations une opportunité nouvelle pour redéfinir les mécanismes du commerce international. " C'est ce que nous souhaitions depuis le début. Nous sommes très satisfaits", a indiqué José Bové , qui demande avec les ONG du mouvement altermondialiste un " moratoire " sur les mécanismes de l'OMC. De son côté, le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, a déploré l'échec de la conférence, qu'il qualifie de " coup sévère pour l'Organisation mondiale du commerce " et " d'occasion perdue pour chacun d'entre nous, aussi bien pays développés qu'en développement. Nous y aurions tous gagné. Nous y perdrons tous", a-t-il conclu.
Véronique Smée
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