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20 ans après la première édition du rapport sur le développement humain, le PNUD réaffirme cette idée simple mais peu prise en compte par l’économie conventionnelle : l’humain constitue la richesse des nations, et il est nécessaire de mesurer leur développement à partir d’autres critères que les seuls revenus monétaires. En 1990, Il fallait donc pour les économistes du PNUD construire un autre indice, parallèle au PIB, tout en restant aussi simple et lisible que cet indicateur créé dans les années 30, suite à la crise de 1929. L’indice de développement humain a été construit sur les critères fondamentaux que sont l’espérance de vie, le niveau de santé et d’éducation. De fait, son objectif explicite de rivaliser avec le PIB bouscule quelques idées reçues sur le développement. Sur les 135 pays évalués (représentant 92% de la population mondiale), il permet de constater que depuis 20 ans un grand nombre d’entre eux, au Nord comme au Sud, ont vu une amélioration spectaculaire de leur développement. Globalement, l’IDH a augmenté de 18% depuis 1990 (41% par rapport à 1970) compte-tenu de larges améliorations de l’espérance de vie, de scolarisation, d’alphabétisme ou de revenu. Certes, ce constat cache une grande disparité de situations, mais cependant seuls 3 pays ont un IDH plus faible qu’en 1970 – la RDC, la Zambie ou le Zimbabwe, pour des raisons liées à des conflits et au VIH/Sida. Croissance versus santé et éducation 9 pays ont par ailleurs vu leur espérance de vie tomber à un niveau inférieur à celui de 1970 (6 en Afrique et 3 pays de l’ex-URSS) en raison là encore du VIH et de l’accroissement de la mortalité des adultes. Mais « dans l’ensemble, les pays pauvres rattrapent les pays riches en terme d’IDH », souligne le rapport. Les pays les plus pauvres sont ceux qui ont le plus progressé, avec un bond de +61% depuis 1970. Le Bénin a ainsi gagné 17 ans d’espérance de vie. « Il est frappant que parmi les 10 pays en haut de la liste, plusieurs ne sont pas typiquement décrits comme étant des plus performants", souligne le rapport. L’Ethiopie arrive ainsi en 11ème position des pays ayant connu la plus forte progression, et on compte 3 pays d’Afrique subsaharienne dans les 25 premiers – le Bostwana, le Bénin et le Burkina Faso-. Par ailleurs, si la Chine fait partie des pays les plus performants par sa croissance « miraculeuse » comme l’Indonésie et la Corée du Sud, cette place doit être relativisée par le niveau de santé et les inégalités considérables d’accès aux soins. Elle n’arrive en effet qu’à la 60ème place sur les performances sociales et de santé. « Un développement qui favorise une croissance économique rapide est rarement durable. En d’autres mots, l’économie de marché est nécessaire, mais elle ne suffit pas », commente le rapport. De fait, 7 pays sur 10 entrent dans le TOP 10 grâce à leurs réussites en matière de santé et d’éducation, alors qu’ils ne bénéficient pas d’une croissance remarquable. Reste que l’IDH ne prend pas en compte des éléments dont on connaît aujourd’hui l’importance pour mesurer le développement actuel et futur des pays : les changements climatiques, l’érosion de la biodiversité, la déforestation ou encore la disparition des ressources halieutiques dans certaines régions. L’IDH reste donc insuffisant pour mesurer le développement durable des Etats, et comme le reconnaît le PNUD, il a « un effet simplificateur et n’exprime qu’une des multiples facettes du développement humain ». Quoi qu’il en soit, l’indice a le mérite d’avoir, le premier, cherché à agréger d’autres données que celles des comptabilités nationales…
Les cinq premiers par catégorie
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-Classement des pays où l’IDH est très élevé Les 5 premiers : Norvège, Australie, Nouvelle-Zélande, USA et Irlande. La France est 14ème. -Classement des pays où le l’IDH est élevé Bahamas, Lituanie, Chili, Argentine, Koweit -Classement des pays où le l’IDH est moyen Fidji, Turkmenistan, République dominicaine, Chine, El Salvador -Classement des pays où le l’IDH est faible Kenya, Bengldesh, Ghana, Cameroun, Myanmar. |
Alternatives au PIB Depuis, les alternatives au PIB se multiplient. Critiqué dès sa mise en œuvre, le PIB est plus que jamais remis en cause : incapable de rendre compte des inégalités sociales ou de la destruction des ressources naturelles, il est devenu inapte à mesurer le développement durable des Etats. En 2001 déjà, le philosophe Patrick Viveret rendait au gouvernement français le rapport « Reconsidérer la richesse » consacré à ce sujet. En 2009, Tim Jackson a également rendu un rapport intitulé « Prospérité sans croissance » au gouvernement britannique sous l’égide de la commission du développement durable. En 2010, ces réflexions tendent « à s’imposer dans le débat public international sous le double effet de la crise économique et financière », écrit Patrick Viveret dans la préface de « Prospérité sans croissance ». L'Union européenne a en effet lancé une réflexion sur la « mesure de la prospérité et le bien–être des nations », avec pour objectif de créer des indicateurs environnementaux et sociétaux qui viendront compléter le PIB.
La France, qui avait commandé un rapport sur la question l’an dernier à la commission Stiglitz (voir articles liés), veut en profiter pour prendre de l’avance. Dans un entretien au Monde, le 2 novembre, la Secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouano a rappelé sa volonté de lancer un « Grenelle 3 », dont « le premier sujet concerne les suites à donner au rapport Stiglitz sur la mesure de la performance économique et du progrès social. Je voudrais que nous soyons le premier pays à utiliser ces indicateurs. L'enjeu, c'est la révision de l'ensemble de notre modèle de croissance, qui ne prend pas en compte la finitude des ressources », a-t-elle déclaré.
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