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Dans son rapport sur l’avancée des objectifs du Millénaire, le PNUD reconnaît certes que des progrès ont été accomplis, mais les considère comme « décevants ». « Des mesures urgentes sont nécessaires si on veut que commence une décennie ambitieuse de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, annonce le rapport. Les pays en développement doivent tout faire pour se mobiliser à cette fin. Les pays riches doivent se demander si, plutôt que de rappeler aux pays pauvres leurs responsabilités, ils ne feraient pas mieux d’honorer leurs propres engagements ». Le bilan dressé par l’agence onusienne n’est certes pas encourageant : plus de 1,2 milliard de personnes survivent avec moins d’un dollar par jour et 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim. La part de la population vivant dans des conditions d’extrême pauvreté a en fait augmenté, depuis 1990, en Asie de l’Ouest, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Europe centrale et orientale, dans les pays arabes et, surtout, en Afrique subsaharienne. S’agissant de la mortalité infantile, les chiffres font état de 1200 décès toutes les heures, une « tragédie moins visible que le Tsunami hautement médiatisé», mais « facilement prévisible et parfaitement évitable (…) Les causes du décès varient mais une pathologie en revendique à elle seule l’écrasante majorité : la pauvreté ». Et même si le PNUD reconnaît que la pauvreté à été réduite, il constate que les inégalités, loin de s’atténuer, se sont encore creusées entre pays riches et pays pauvres. Le développement humain reste « chancelant » dans des domaines clés comme la santé et l’éducation, amenant une conclusion sans appel : « la promesse faite (par les pays riches) aux individus pauvres n’est pas tenue ».
Les Etats-Unis assouplissent leur position
Alors qu’ils avaient déposé 700 amendements au projet de texte final du sommet, les Etats-Unis ont, à la surprise générale, décidé de ne pas s’opposer au débat sur les objectifs du Millénaire. Cependant, s’ils acceptent d’évoquer la question du développement, ils restent opposés au principe d’engagements chiffrés et refusent d’adopter l’objectif des 0,7% du PIB des pays riches octroyé à l’aide au développement. En matière d’environnement, la stratégie américaine est identique. Ils acceptent que soit réintroduite la référence au protocole de Kyoto sur la diminution des gaz à effet de serre, mais ne prennent aucun engagement en la matière.
Hypocrisie des pays riches
L’année 2005 constitue donc un véritable tournant, dans la mesure où « la projection pour 2015 lance un avertissement sans équivoque, souligne le rapport. Pour parler franchement, le monde se dirige tout droit vers une catastrophe annoncée au niveau du développement humain, dont les coûts se compteront en décès évitables, en enfants non scolarisés et en occasions de réduire la pauvreté."Estimés à 135 milliards, les OMD reposent sur l’engagement des pays riches à leur octroyer 0,7% de leur PIB et à annuler la dette des pays pauvres. Or, ces promesses n’ont pas été tenues en cinq ans, puisque selon l’expression du PNUD « le panier de l’aide est aujourd’hui à moitié plein ». Et l’agence onusienne de rappeler que « l’aide internationale est parfois perçue dans les pays riches comme un acte de charité à sens unique. Cette vision est déplacée. Elle constitue un investissement et une obligation morale, un investissement dans la prospérité partagée, dans la sécurité collective et dans un avenir commun, » observe le rapport. De même, les règles du commerce international imposées par les pays riches doivent impérativement changer pour permettre aux pays pauvres d’accéder aux marchés. Plus que l’aide au développement, l’accès équitable aux échanges mondiaux constitue le premier potentiel de développement pour le PNUD. Mais en continuant à subventionner lourdement des secteurs économiques entiers, les pays occidentaux s’accaparent des marchés entiers et empêchent, de fait, les producteurs des pays pauvres d’exporter leurs produits. Ce système « injuste et hypocrite » est incompatible avec les engagements des pays riches pour le Millénaire, rappelle en substance le PNUD, qui demande que le prochain sommet de l’OMC, prévu en décembre 2005, permette de donner aux pays en développement « une part équitable de la prospérité mondiale ». Pour l’heure, les revenus mondiaux tous pays confondus s’élèvent à 40 000 milliards de dollars par an, (le commerce mondial représente 8 000 milliards de dollars), tandis que le montant de l’aide au développement ne dépasserait pas 120 milliards de dollars dans le meilleur des cas, c'est-à-dire celui où les pays riches tiendraient enfin leurs engagements.
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