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Retrait de Nicolas Hulot : quelle place pour l'écologie dans la campagne ?

Planète \Institutions

Publié le 22-01-2007



Nicolas Hulot a finalement renoncé à se présenter aux élections présidentielles, deux mois et demi après avoir lancé le « pacte écologique », qui a recueilli 500 000 signatures, dont celles de la majorité des candidats. Soulagés, les partis écologistes vont-ils reprendre leur place dans le débat ?

Trois raisons ont décidé Nicolas Hulot à ne pas se présenter. La première, c’est la volonté de "faire confiance à la parole des candidats" dont la majorité a signé son pacte (seuls le FN et l’extrême-gauche se sont abstenus).

« Votez pour l’environnement »
Le photographe Yann Arthus-Bertrand et la société de vêtements Patagonia appellent à voter pour la défense de l’environnement, dans une campagne inspirée de celle qu’a déjà menée Patagonia, lors des élections américaines de novembre 2004. Le message « Vote the Environment » (votez pour l’environnement) est le même mais cette fois Patagonia s’est s’associé avec Yann Arthus-Bertrand, et son association  GoodPlanet.org (www.goodplanet.org) créée en 2005. La campagne a été  lancée, le 19 janvier, dans le magazine gratuit SPORT (1 million d’exemplaires) et dans le numéro de Trek Magazine (Nivéales) daté de février, suivi d’Escape (Freepresse) en mars. Une série de 5 visuels sera également diffusée. Pour les deux associés, l’objectif de cette campagne est double : «  Sensibiliser les électeurs sur la nécessité de s’informer sur les engagements concrets des candidats à l’élection présidentielle afin qu’ils en tiennent compte dans leurs choix électoraux. Sachant que quasiment tous les candidats déclarés ont signé le Pacte écologique proposé par Nicolas Hulot, nous demandons aux électeurs d’être vigilants dans leur analyse et leur décision ».

Ensuite, l’animateur a estimé qu’il s’agit d’"une question d'honnêteté vis-à-vis des militants écologistes", qu’il aurait "entraîné à leur corps défendant »  dans la cause écologique, et enfin, Nicolas Hulot se dit « convaincu qu'en restant à l'écart des jeux du pouvoir l'élan du pacte va se transformer en véritable lobby des consciences ».Fort du soutien apporté à son pacte écologique par les citoyens, mais également par la majorité des candidats, l’animateur entend continuer à peser dans le débat, et a d’ores et déjà invité tous les candidats qui ont signé à venir le 31 janvier prochain « solenniser publiquement leur signature du Pacte écologique, à formaliser leurs engagements et expliquer leurs propositions devant les associations environnementales et 50 signataires du Pacte Ecologique tirés au sort ». Une invitation que les candidats ne sauraient refuser, d’autant que la date du 31 est loin d’être anodine. C’est en effet à ce moment qu’aura lieu la réunion du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) sur le climat, avec la remise attendue d’un rapport scientifique sur les dernières évolutions du réchauffement climatique…

« Ne plus mépriser le peuple de l’écologie »

Nicolas Hulot saura-t-il, comme il l’annonce, faire dialoguer les partis traditionnels avec la mouvance écologiste ? C’est en tout cas un de ses souhaits pour la suite de la campagne : « par delà le Pacte lui même, je demande aux dirigeants politiques de ne plus mépriser le peuple de l’écologie (…) Je demande de considérer les militants associatifs comme des acteurs et des contributeurs indispensables auxquels la réalité des faits confère une plus grande légitimité encore ».
S’il demande aux responsables politiques de prêter une attention particulière « aux ONG environnementales, et notamment celles regroupées dans l’Alliance pour la planète », Nicolas Hulot a précisé qu’il ne soutiendrait aucun candidat pendant la campagne présidentielle, pour conserver «l’indépendance qui (lui) est indispensable pour continuer à mobiliser l’ensemble des acteurs». Il a également annoncé la création d’un « observatoire » pour « évaluer tout au long de la campagne le respect des propositions déjà formulées». Un travail de « veille » également annoncé par l’Alliance, qui a également invité « pour début février » les candidats à se prononcer sur les 24 mesures que les ONG ont proposé.
Du côté des partis écologistes, les Verts sont évidemment satisfaits de cette décision. Martine Billard, députée Verts de Paris, a ainsi reconnu que Nicolas Hulot  « a  apporté une contribution positive pour le débat », mais qu’ « on ne peut pas faire une campagne présidentielle uniquement sur le réchauffement climatique ». Plus critique, Corinne Lepage (Cap21) a indiqué ne pas « avoir modifié son emploi du temps » et dénonce un pacte qui permet aux grands partis de « s’acheter une bonne conscience à peu de frais ». Reste désormais aux candidats de l’écologie à se faire entendre, dans une campagne où, actuellement, les enjeux environnementaux n’occupent pas le devant de la scène.

Véronique Smée
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