Les assises nationales ont-elles rendu le développement durable désirable ?

Planète \Mondialisation \Consommation durable

Publié le 02-07-2003

Partagez : Partager


Organisées pour la seconde fois, les assises nationales du développement durable ont rassemblé 1500 participants dans la région Nord Pas de Calais, du 25 au 27 juin. Ils ont pu assister à une myriade d'ateliers destinés à leur montrer toutes les facettes de la question avant d'essayer, avec la conférence de consensus, d'aboutir à des conclusions constructives.

Pour accéder aux assises nationales, il fallait passer sous un porche fait de bouteilles de plastique écrasées, remplies d'eau de toutes les couleurs. Un symbole pour une manifestation baptisé " assises nationales du développement durable et désirable " qui voulait, à la fois, donner l'exemple, rendre le développement durable festif et y associer le plus grand nombre.
Le démarrage des assises a été plutôt agité puisque les partisans de Jose Bové ont, avec des élus nordistes dont Martine Aubry, perturbé le discours de Tokia Saifi, la secrétaire d'Etat  au développement durable. Cela  a provoqué l'annulation de la visite de Roselyne Bachelot, ministre de l'écologie. Les organisateurs voulaient éviter les débats trop policés et inciter les opinions contradictoires à s'exprimer, cela a donc été le cas. Mais au delà du conflit politique,  ce que les 1500 participants ont pu retenir c'est la richesse de l'offre des assises. Le don d'ubiquité aurait sans doute été utile puisqu'il fallait choisir entre 250 ateliers, conférences tables, ronde, et plusieurs spectacles organisés chaque soir dans toute la communauté urbaine.
" Ce qui est intéressant, explique un de ceux qui ont participé aux débats, c'est le lien entre la situation écolo-sociale difficile (chômage, pollution...) de la région Nord Pas de Calais et le fait que  les collectivités parlent du développement durable comme d'une préoccupation habituelle : des expertises sont développées dans toute la région , des innovations économiques, sociales, culturelles ont germé  et sont déjà à la phase d'évaluation.....Ce n'est pas banal puisque beaucoup considèrent ce concept comme un "luxe" réservé à des entreprises ou des territoires déjà favorisés... . A condition que la population partage l'opinion des élus et des associations, cela ouvre des perspectives considérables. Le développement durable deviendrait synonyme de solutions concrètes pour une vie quotidienne souvent difficile, et non de contraintes nouvelles ! "

Construites comme un trilogie avec une première journée consacrée à la prise de conscience de l'état de la planète, une seconde aux leviers du changement, et la dernière à l'action en faveur du développement durable, les assises ont essayé d'embrasser tous les aspects du problème, du renouvellement urbain qui a mobilisé une assistance nombreuse aux nouveaux modes de consommation en passant par les économies d'énergie.
Jean-François Caron, vice-président Verts du Conseil Régional et principal organisateur, tirait, dans la Voix du Nord,  un bilan plutôt positif : "Nous voulons décloisonner ce genre de débat or 40 % des personnes venues sont extérieures à la région et 30 % ont moins de 26 ans..." Pour lui, la question essentielle reste celle de l'urgence à réagir devant un système qui entretient la dégradation de la planète.

Mobilisation générale

Comment mobiliser tous les citoyens sur le développement durable ?  L'une des réponses possibles à cette question était, pour les organisateurs, la mise en place d'une conférence de consensus qui s'est déroulée tout au long des assises. 49 personnes (membres d'associations de syndicats, techniciens, experts, universitaires) ont planché sur le thème de la participation des habitants aux décisions. Le but était d'aboutir à des  propositions concrètes mais il s'agit plutôt de recommandations sur la qualité de l'information, base de toute participation. Elle doit être transparente, reposée sur une égalité de moyens et s'adapter à ceux à qui elle est destinée. Les citoyens doivent pouvoir y accéder de façon équitable. La participation suppose aussi que l'expertise des habitants puisse être reconnue et qu'elle s'étale dans le temps, loin des échéances électorales. Considérées comme une première étape, ces propositions pour une démocratie participative seront diffusées par les membres de la conférence dans leurs organismes respectifs. Ces derniers souhaitent que ce travail se poursuive pour aboutir à des recommandations pratiques.

Sera-t-il relayé par la prochaine région organisatrice qui n'est pas encore connue ? Celle du Nord Pas de Calais qui a eu pendant 6 ans une présidente Verte et est, depuis 5 ans, dirigée par une alliance rose-verte a succédé à la Région Midi-Pyrénées.Maintenant que l'étendard du développement durable est brandi par la gauche comme par la droite, est-ce le tour des régions Provence Cote d'Azur, Auvergne ou Centre ? Encore faudrait-il qu'elles fassent acte de candidature...
Anne-Catherine Husson
© 2003 Novethic - Tous droits réservés
Partagez : Partager

Articles sur le même thème


Liens utiles

Rendez-vous sur Facebook Suivez-nous sur Twitter Rendez-vous sur Facebook Rendez-vous sur Facebook
Le Centre de Recherche
ISR
» A propos de l'ISR
» Les études ISR
» Le Label ISR Novethic
» La liste des fonds ISR
» L'Essentiel de l'ISR
RSE
» A propos de la RSE
» Les études RSE
» Repères RSE
Conférences
» Les débats thématiques
» Le colloque annuel
English
» Studies and Events
Outils
» Formations développement    durable
» Bibliographie
» Glossaire
Presse
http://www.nicomak.eu/parties-prenantes