|
« L’écologie n’est pas une priorité, c’est LA priorité aujourd’hui ». Le message qu’a voulu faire passer Nicolas Hulot devant une assemblée de journalistes et de personnalités de tous bords est clair : tout programme politique qui ne prend pas en considération l’urgence écologique et qui ne l’affiche pas au sommet de ses priorités est nul et non avenu. « Nous nous situons à un carrefour de crise. Soit nous saurons faire face aux impératifs écologiques et climatiques, soit nous les subirons par force », a-t-il martelé, avant d’ajouter « jamais le contexte n’a été aussi favorable à cette mutation écologique, il n’y a pas d’autre choix possible que d’y rentrer collectivement ». Et l’animateur d’appeler tout un chacun à « prendre ses responsabilités. Personne n’est immunisé contre les changements écologiques et climatiques ». Pour étayer cette interpellation des citoyens mais aussi et surtout des politiques, Nicolas Hulot formule un « pacte écologique », qui s’appuie sur 10 grands objectifs touchant l’économie, le transport, l’énergie, l’agriculture, les territoires, la fiscalité, la biodiversité, la santé, la recherche et la politique internationale. Détaillé dans un livre publié aujourd’hui, le programme de Nicolas Hulot peut également être consulté sur le site « pacte-ecologique.org », plateforme qui servira également à nourrir le dialogue avec les internautes et à publier les engagements pris par les candidats à l’élection présidentielle sur ces propositions. Sur l’éventualité de sa candidature, Nicolas Hulot explique qu’il espère « qu’elle sera rendue inutile par les autres candidats ». En clair, il attend de voir comment les partis vont se positionner sur la question écologique et ne se présentera qu’au cas où « l’offre politique dans ce domaine serait indigente. Ma candidature signifierait alors que nous sommes face à un échec cinglant de la société », a-t-il ajouté.
"Je les supplie de nous répondre..."
Pour l’heure, l’animateur est déjà parvenu à rassembler des personnalités de tous bords. Des intellectuels (Boris Cyrulnik, Pierre-André Taguieff, Erik Orsenna, Dominique Bourg…), des scientifiques (Hubert Reeves, Jean-Marc Jancovici…) et des personnalités aussi diverses que Luc Besson, Mathieu Kassovitz, Florent Pagny ou encore Julien Clerc, tous venus le soutenir lors de la conférence de lancement du pacte. Fort de ses soutiens « people » mais aussi du soutien de l’opinion publique (43% des Français souhaitent qu’il se présente aux élections et 66% pensent qu’il est la personnalité la mieux à même de défendre l’écologie, loin devant les partis écologistes), Nicolas Hulot entend aujourd’hui mettre les politiques face à leurs responsabilités. « Je les supplie de nous répondre, de prendre en compte nos propositions comme celles des ONG…Il faut cesser de les considérer comme des empêcheurs de tourner en rond », a-t-il demandé. Pour faciliter le dialogue avec les candidats, le site internet du pacte écologique donne à chacun son propre espace, où ils pourront –devront- exprimer leurs positions et engagements sur les 10 propositions. Il sera donc difficile pour eux désormais, d’échapper aux impératifs écologiques, peu présents jusqu’ici dans le débat électoral. L’une des propositions risque d’ailleurs de bousculer les habitudes institutionnelles : le pacte prévoit en effet la création d’un poste de vice-premier ministre en charge du développement durable, afin que toute décision politique soit prise sous cet angle et qu’elles soient évaluées en fonction de leur impact développement durable… Pour appuyer cette « révolution » institutionnelle, Nicolas Hulot propose également que soit crée un corps d’Etat dédié, une sorte d’ENA du développement durable. Parmi les mesures strictement environnementales, il propose une taxe sur le CO2, applicable au charbon, au pétrole et au gaz à augmentation progressive qui permettrait d’atteindre le « facteur 4 » (diviser les émissions de GES par 4 d’ici 2050). S’agissant de l’agriculture, de la biodiversité ou encore de la santé, le pacte rejoint des propositions formulées par les partis écologistes et les ONG, auxquels il n’entend pas se substituer par ailleurs. Nicolas Hulot est populaire, c’est un fait, et il entend bien s’en servir pour créer l’électrochoc nécessaire au sein de la classe politique. A elle de réagir.
|