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Le Forum social mondial de Porto Alegre, auquel avaient participé plus de 100 000 personnes en 2001, connaît depuis deux ans un essaimage sur tous les continents ( Forum social africain en 2002, asiatique et indien en 2003, Forum social européen en 2002...), auquel s'ajoutent des Forums nationaux et locaux . En France, plus de 100 forums locaux existent et sont ouverts à tous les acteurs (associations, syndicats, ONG, individus) qui souhaitent participer au débat d'idées altermondialiste et mettre en œuvre des initiatives solidaires à l'échelon local. L'édition 2003 du Forum Social Européen se déroulera en région parisienne dans 4 villes différentes - Paris, Saint-Denis, Bobigny et Ivry sur Seine-, avec comme fil conducteur " le rôle de l'Europe dans la mondialisation libérale ". L'objectif est d'assurer la présence de délégués des pays de l'Est, futurs membres de l'Union, mais également celle des pays du Sud, afin de faire entendre des voix traditionnellement absentes du débat public. Un fonds de solidarité a été crée dans ce but, alimenté par une taxe solidaire de 10% sur chaque inscription. Bénévolat L'organisation du forum repose entièrement sur le bénévolat, y compris pour la traduction, assurée par l'association Babels, composée d'interprètes bénévoles qui assureront la restitution des débats en 20 langues. Le budget total du Forum, qui s'élève finalement à 3,4 millions d'euros, a du être amputé, les élus de droite et d'extrême droite du Conseil régional d'Ile de France ayant refusé la subvention de 300 000 euros attendue par les organisateurs...Le budget est donc assuré par le gouvernement, (500 000 euros), la ville de Paris (350 000), les Conseils Généraux de Seine-Saint-Denis (250 000) du Val-de-marne et de l'Essonne. En dépit de ces coupes, l'événement reste inédit dans son ampleur, avec plus de 1500 associations parties prenantes du Forum, une capacité d'accueil de plus de 200 000 places et la participation de 40 villes de banlieue à l'hébergement collectif des participants. Plus de 60 pays seront représentés au sein de 55 séances plénières, 300 séminaires et ateliers. Un travail de restitution des débats permettra ensuite de consulter tous les travaux issus du Forum sur Internet . Interrogés sur l'absence de représentants d'institutions politiques et économiques parmi les intervenants, les organisateurs assument leur choix : le Forum est avant tout un espace dédié aux associations du mouvement social dont il fédère les propositions et les initiatives. Polémique au sein des associations Au cours du long travail de préparation du Forum est apparue une polémique d'ordre politique entre les organisateurs. SOS- Racisme a claqué la porte du Forum, accusant certaines associations d' " antisémitisme ". SOS-Racisme souhaitait organiser une table ronde intitulée " Pourquoi la haine des juifs perdure-t-elle ? " , mais ce titre a fait débat parmi les organisateurs du Forum, qui ont demandé de le modérer en optant pour " La montée de l'antisémitisme en France et en Europe ", changement qu'a refusé SOS-Racisme. Selon Pierre Khalfa, d'Attac, " il s'agit d'un mauvais procès fait l'intention du FSE. Il n'y a pas d'ambiguïté, nous sommes contre toutes les formes de discrimination. Tout cela vient alimenter une campagne de dénigrement ..." a-t-il déclaré. Cette polémique sur l'antisémitisme a également été nourrie par la publication d'un texte de l'intellectuel musulman Tariq Ramadan, membre du comité d'organisation du FSE, cherchant à démontrer que "des intellectuels juifs français que l'on avait jusqu'alors considérés comme des penseurs universalistes" développent "des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire". Refusé par Libération et par Le Monde, ce texte a été publié sur le site du FSE, ce qui a valu aux organisateurs d'être accusés de complaisance envers l'antisémitisme, et de devoir affirmer leurs distances avec les thèses de Tariq Ramadan.
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