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« Agir immédiatement sur les enjeux cruciaux que sont la pauvreté, les changements climatiques, l’éducation et les équilibres mondiaux relève de la responsabilité de tous. Les dirigeants politiques, économiques et sociaux, réunis au forum mondial, s’engagent à combattre l’ignorance, les maladies et la pollution qui menace notre stabilité et notre existence. » La déclaration finale du sommet de Davos résume la tonalité des débat, placés sous le signe de la responsabilité individuelle et collective. En conclusion, son président Klaus Schawb a cité le mouvement de solidarité sur le tsunami en Asie du sud comme exemple d’action que les personnalités rassemblées à Davos appellent de leurs vœux.
Le World Economic Forum en chiffres
A Davos cette année, il y avait 2250 participants venus de 96 pays dont les 500 dirigeants des plus grandes multinationales. Seule la moitié d'entre eux appartenait au monde des affaires. Il y avait aussi 200 représentants du monde public (dirigeants d'Etats ou d'organisations internationales), 300 journalistes ou leaders d'opinion, 55 responsables d'ONG, 15 leaders syndicaux, 26 leaders religieux de plusieurs confessions et 172 experts d'horizons divers
Plusieurs facteurs ont contribué à changer le programme des tables rondes de ce rendez-vous annuel : l’ouverture à la société civile et la cartographie des nouveaux risques établi par un programme de recherche du forum. Cette année près de la moitié des participants n’étaient pas des dirigeants d’entreprises mais des invités du forum. Il s’agissait de représentants d’ONG, de syndicalistes, de dessinateurs ou même d’acteurs comme Sharon Stone. En obtenant 1 million de dollars en quelques minutes de ses voisins de débat pour acheter des moustiquaires destinées à lutter contre le paludisme, cette dernière a mis en scène ce qu’on peut appeler le capitalisme compassionnel. De quoi s’agit-il ? Selon Murthy N. R. Narayana, co-organisateur du forum et président d’Infosys Technologies, l’un des géants indiens des nouvelles technologies, « si l’on ajoute à l’esprit du capitalisme justice, décence, transparence et honnêteté, on obtient du capitalisme compassionnel ce qui est extrêmement utile partout dans le monde mais plus particulièrement pour les pays en développement où l’écart entre riches et pauvres est extrêmement important. Or le seul moyen de réduire cet écart, c’est le capitalisme compassionnel.» Risques émergents L’une des initiatives prises à Davos consiste à promouvoir une meilleure transparence des entreprises extractives et productrices d’énergie. 62 compagnies dont la française Areva ont signé un engagement pour une tolérance zéro sur la corruption. Les « principes PACI » (lignes directrices pour un partenariat contre la corruption) sont inspirés par Transparency International et comportent deux volets : la mise en place d’une politique de tolérance zéro sur la corruption dans les affaires et d’un programme concret et efficace pour l’éradiquer. Ces discours vont-ils trouver une traduction concrète ? En tous cas, ils constituent une amorce de réponse à l’émergence de nouveaux risques mondiaux sur lesquels travaille le forum depuis l’année dernière. Le programme de recherche sur les risques a défini une cartographie répartie en quatre chapitres : risques économiques, géopolitiques, sociaux et environnementaux. Parmi les 25 risques émergents, le rapport cite la pauvreté « 23 % de la population mondiale vit avec moins d’un dollar par jour or la pauvreté apporte de l’insécurité, rend impossible le développement de nouveaux marchés et constitue l’une des plus grandes sources d’instabilité mondiale à long terme », mais aussi les perturbations démographiques qu’il s’agisse du trop grand nombre de mâles dans certaines zones (« En 2020 il y aura, en Inde, un différentiel de 28 millions entre hommes et femmes, en Chine, il sera de 30 millions ») ou de la fertilité déclinante : « En Europe le taux de fertilité est de 1,4 mais aujourd’hui la plupart des pays en développement deviennent plus vite vieux que riches". Sur les risques environnementaux, l’eau et les changements climatiques constituent deux des problèmes fondamentaux mis en avant « En 2050, 54 pays devraient cruellement manquer d’eau ce qui pourrait affecter 40 % de la population mondiale en l’état actuel des projections.»
Pour se protéger contre ce qui pourrait déstabiliser à moyen long terme les pays développés, les participants de Davos veulent miser sur les partenariats publics-privés, déjà mis en avant au sommet de Johannesburg en 2002, et sur la RSE (responsabilité sociale des entreprises) mais comme l’a rappelé Michael Rake, le président de KPMG « ce qui est important maintenant c’est que les compagnies soient perçues comme mettant réellement en pratique une politique RSE et qu’il ne s’agisse pas d’un discours plaqué. Le danger est que la RSE soit vue comme un écran de fumée destiné à dissimuler l’accumulation de profits.»
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