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La ministre de l'industrie, Nicole Fontaine, a profité de la semaine du développement durable pour annoncer plusieurs mesures visant à aider les petites et moyennes entreprises (PME) s'engageant dans des actions socialement responsables. Dans un communiqué daté du 3 juin 2003, le ministère annonce ainsi que des actions de sensibilisation et d'incitation seront mises en œuvre dans toute la France par les Directions régionales de l'industrie et de l'environnement (DRIRE). Les DRIRE sont priées de mobiliser leurs capacités d'aides financières pour toucher au moins 1000 PME d'ici juillet 2004. Les DRIRE disposeront-elles de crédits supplémentaires ? Quelles pratiques entreront dans le champ du développement durable selon le ministère ? Sur ces deux questions, le communiqué restait bien flou.
Pas de budget supplémentaire
Côté budget, le ministère n'octroie pas aux DRIRE de crédits supplémentaires et ne crée pas de nouveaux dispositifs d'aide. Il s'agit plutôt pour les DRIRE, qui distribuent notamment des aides au recrutement des cadres et à l'innovation, d'accorder ces aides en priorité aux entreprises impliquées dans des pratiques socialement responsables. Avec le nouveau plan, il devrait, par exemple, être plus facile pour un dirigeant de PME de recevoir une subvention pour un recrutement si celui-ci concerne un responsable "environnement" ou pour le financement d'une innovation si celle-ci permet une avancée écologique ou sociale de la PME. La mise en place de systèmes de management environnemental, la gestion des déchets et des effluents, l'intégration de technologies propres et sûres ou l'utilisation rationnelle de l'énergie sont des pratiques particulièrement appréciées des DRIRE.
Autre possibilité pour les PME de recevoir les deniers de l'Etat : les action collectives. Les DRIRE ont en effet pour consigne de favoriser les " groupes d'entreprises " menant des actions allant dans le sens d'un développement durable. "Cela concerne notamment les PME appartenant à une même chaîne de production qui décident collectivement de minimiser la pollution engendrée par leur activité et leurs produits, souligne Alain Pesson, chargé de mission pour le développement industriel durable au ministère de l'économie, Toutefois, si les actions environnementales sont les plus aisément identifiables, nous favorisons également les innovations sociales ou le mécénat."
Sensibiliser au développement durable
Au-delà des aides financières directes, le ministère compte également sur les DRIRE pour sensibiliser les dirigeants de PME à la notion de développement durable. "La prise en compte du développement durable par les entreprises n'est pas un problème d'argent. C'est d'abord un état d'esprit que doivent adopter les chefs d'entreprise", martèle Jean-Pierre Dhumérelle, chef du département "développement des entreprises" au ministère de l'économie. Ce travail de sensibilisation devrait se traduire par l'organisation de séminaires au cours desquels des PME déjà engagées dans des démarches socialement responsables seront invitées à témoigner. Les DRIRE seront également chargées d'aider les PME souhaitant procéder à une évaluation sociale et environnementale de leur activité à trouver des cabinets d'audit compétents dans ce domaine.
Mais que ce soit par le biais d'aides directes ou d'opérations de sensibilisation, il faut espérer que l'action du gouvernement sera un succès. Car si l'on en croit l'Observatoire des PME européennes, la France accuse un fort retard sur les autres pays européens dans ce domaine. Selon un rapport de l'Observatoire, seuls 33 % des entreprises françaises de moins de 250 salariés mènent des actions socialement responsables, contre 50 % des PME européennes en moyenne.
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