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Au jeu des chaises musicales, certains changements sont attendus ; d’autres plus surprenants. Dans le cadre du mini-remaniement ministériel, la Présidence de la République a annoncé jeudi 15 janvier la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet au poste de “secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique, auprès du Premier ministre”, à la place d’Eric Besson. La décision étonne aussi bien le monde des technologies de l’information (IT), car la jeune femme n’était pas pressentie pour le poste, que le monde de l’écologie, déçu de son départ. Personne à l’écologie, à l’heure du Grenelle Les réactions ne se sont pas fait attendre. Dans un communiqué de presse, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, s’étonne de ce départ et rappelle que « dorénavant, personne ne s’occupe plus de l’écologie ». L’association Agir pour l’environnement parle même de « suppression pure et simple du secrétariat d’Etat à l’écologie » par la voix de son délégué général Stéphen Kerckhove. Pour l’instant, le poste de secrétaire d’Etat à l’écologie auprès du Ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) qu’occupait Nathalie Kosciusko-Morizet reste vacant. Interrogé par l’AFP, le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo a déclaré avoir prévu de soumettre au président de la République « une proposition pour le remplacement de la secrétaire d’Etat à l’écologie », sans pour autant donner d’échéance. Ce manque de visibilité est la preuve que « l’environnement, qui avait été jugé prioritaire par Nicolas Sarkozy à son élection, semble être devenu le dernier de ses soucis » selon Cécile Duflot. Le MEEDDAT perd malgré tout une de ses pièces maitresse, à un moment crucial du calendrier parlementaire. Ce départ est perçu comme une « mauvaise nouvelle » par les Verts et par les ONG environnementales, car Nathalie Kosciusko-Morizet abandonne en cours de route le Grenelle de l’environnement. Le texte de la loi de programmation du Grenelle, dit “Grenelle 1”, doit être examiné par le Sénat à partir du 13 février, et celui de la loi d’application du Grenelle (“Grenelle 2”) sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du mois de mars. « Plus l’agenda parlementaire se densifie, moins il y aura de ministres à défendre les lois censées transposer en droit français les conclusions du Grenelle » regrette Agir pour l’environnement, qui parle de « mauvais signal envoyé aux défenseurs de l’environnement ». L’économie numérique, une punition ? Certains conçoivent ce changement inattendu de demi-maroquin comme une punition. « Nathalie Kosciusko-Morizet avait été la personnalité de l’UMP la plus incisive lors du vote de la Charte de l’Environnement ou plus récemment de la loi OGM » insiste Cécile Duflot. On se souvient en effet de sa prise de parole virulente lors du débat sur les OGM à l’Assemblée nationale, en avril 2008, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre. Elle avait également été houspillée pour ne pas s’être opposée à un amendement à la loi OGM, déposé par la Gauche. « Sanctionne-t-on ces très timides velléités pour faire plaisir aux lobbies ? » demande la secrétaire nationale des Verts. « Etre rattachée au Premier ministre ne peut être qu'une promotion » répond François Fillon à l’AFP. La secrétaire d’Etat sera regrettée par les ONG
environnementales, car elle avait su porter plusieurs projets qui lui tenaient à cœur – comme la baisse de la fertilité masculine – et qu’elle avait ouvert la Droite à l’écologie. Ses prises de position, parfois différentes de celles de Jean-Louis Borloo, avaient tendu les relations entre les deux ministres. Au point de pousser Nathalie Kosciusko-Morizet à accepter ce nouveau poste, si différent du précédent ? Etant donné le parcours toujours tourné vers l’environnement de Nathalie Kosciusko-Morizet, le choix du secrétariat d’Etat à l’économie numérique a de quoi surprendre. La jeune femme aurait été prévenue de ce changement de poste le matin même du remaniement ministériel. Certains soulèvent par ailleurs le conflit d’intérêt qui attend Nathalie Kosciusko-Morizet : son frère Pierre, P-DG de PriceMinister, est également président de l’Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel).
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