Les premiers pas de Nelly Olin

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Publié le 24-06-2005

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Une femme d'action ouverte au dialogue, qui a besoin de temps pour prendre connaissance de ses dossiers, ainsi a voulu apparaître Nelly Olin, la nouvelle ministre de l'écologie, lors de sa première conférence de presse, donnée le 23 juin, 15 jours après sa nomination.

Polémique sur les loups
La première décision de Nelly Olin a déclenché un tollé dans les associations environnementales. Dans l'arrêté pris le 18 juin dernier, elle a non seulement autorisé l'abattage de six loups par an, soit deux de plus que le quota prévu, mais aussi le " tir de défense " pour les éleveurs, à condition qu'ils aient une autorisation préfectorale et le permis de chasse.  De plus, l'indemnisation pour les brebis, victimes des loups, est augmentée de 80 % et la procédure simplifiée. Cette décision qui va dans le sens des revendications des éleveurs alpins et des élus locaux est très critiquée par les écologistes. France Nature Environnement souligne que le texte ne prévoit aucune mesure d'incitation à la  protection des troupeaux. " Ce protocole qui banalise les tirs de loups et les érige en moyens de défense des troupeaux qui risque de nuire à la viabilité de la population française de loups" précise l'association. Même son de cloche du côté de l'association pour la protection des animaux sauvages qui accuse la ministre d'avoir rallumé la guerre du loup et de porter une nouvelle atteinte à la biodiversité en exposant cette espèce protégée par des dispositions européennes et internationales.
La ministre a commencé ainsi son discours : « J’arrive avec des convictions fortes, fondées sur mon expérience d’élue de terrain depuis près de 30 ans». Sénatrice de Garges-les-Gonesse, elle connaît les problèmes environnementaux d’une commune située à proximité de l’aéroport de Roissy, mais le  parcours précédent de cette femme de 64 ans a plutôt concerné la lutte contre l'exclusion et les questions d'intégration. Elle était auparavant ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion, auprès de  Jean-Louis Borloo. Sur l’écologie et le développement durable, Nelly Olin a mis en avant son désir de rencontrer toutes les parties prenantes pour se forger des convictions avant de passer à l’action. Sur le climat, la biodiversité, la pollution, elle fera des annonces plus tard. En attendant elle a donné trois axes à sa politique : l’exemplarité de la France, la sensibilisation et l’innovation. L’exemplarité consiste d’abord à rattraper le retard pris dans la transposition en droit français des directives européennes  concernant l’environnement. Sur la sensibilisation, la ministre a parlé sans plus de précision, de la nécessité de développer des modes de transports alternatifs et mis en avant diverses mesures qui entrent dans le cadre de la mise en conformité avec la législation européenne : étiquette-énergie sur les véhicules à la vente, généralisation des filtres à particules…Sur l’innovation, elle a insisté d’une part sur le fait que la future agence pour l’innovation industrielle financerait des projets sur les énergies renouvelables et  le biocarburant, et qu’il fallait valoriser d’autre part les filières de formation à l’écologie et au développement durable qui constituent un gisement d’emplois potentiels.
« Pour le ministère, les gisements d’emploi, ce sont l’eau et les déchets que gèrent de grandes compagnies comme Veolia et Suez. Les vrais gisements d’emplois ce sont les éco-entreprises au sens fort, c'est-à-dire celles qui font de la prévention de la pollution et non pas de la réparation». Corinne Lepage, ministre l’environnement de 95 à 97, est  à l’origine de la création de l «’association pour une économie responsable» et elle ne mâche pas ses mots. L’association a été créé sur le constat suivant : il faut que l’environnement soit au cœur des préoccupations économiques. Son objectif est de rassembler tous les acteurs de ce secteur hétérogène qui pèse encore un poids très faible pour montrer le levier économique qu’il représente et conduire les pouvoirs publics à mettre en place une politique de développement des éco industries, via la fiscalité ou la réglementation. « Nous en sommes très loin aujourd’hui. Le gouvernement est allergique à l’environnement. Il détricote le droit environnemental existant et laisse un ministère sans budget significatif ni compétence» ajoute-t-elle en conclusion.
A.C.Husson
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